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Texte non bêta corrigé. J'ai fait ce que j'ai pu, avec les maigres connaissances de grammaire qu'il me reste en tête. Je vous présente toutes mes excuses.

La semaine prochaine, un nouveau chapitre sera publié. Désolée, d'avoir abandonné cette fiction aussi longtemps.

à bientôt, Jijisub

°°0°0°°

 

 

Installé dans sa loge, qui était en fait une caravane, Nanashi observait son reflet. Cela faisait quelques jours qu'il s'était installé sur les lieux du tournage. Il n'avait pas eu l'autorisation de retourner chez lui, Toda-san voulait absolument garder ses acteurs sur le lieu du tournage. Nanashi avait confirmation d'une chose... c'est qu'il détestait réellement Itami Yuya.

 

Ce dernier passait son temps à se pavaner. Le prendre de haut et l'humilié le plus souvent possible et si possible devant témoin. Un léger soupir passa les lèvres du mannequin. Il n'allait pas se plaindre, car avec le reste des acteurs cela se passait franchement plutôt bien. Il entretenait de plus, d'excellente relation avec les techniciens et tout le personnel technique. Il incluait également Toda-san dans le lot. Le réalisateur était quelqu'un d'exigeant tout en étant bienveillant. Le metteur en scène aussi, était plutôt abordable. Fujisama Kaien était abordable et lui donnait beaucoup de conseils qu'il écoutait religieusement, faisant de son mieux pour ne pas le décevoir.

 

Le tableau aurait pu être presque idyllique. Mais, Itami lui hérissait le poil. Et dire qu'il devait jouer une scène de baiser dans l'après-midi. Il faisait de réels efforts pour paraître amoureux de ce type. Au début, cela s'était révélé très compliqué pour lui et il avait reçu de nombreuses réflexions. Jusqu'au moment où il remplaçait le visage de Yuya par celui de Masao. Immédiatement, ses expressions changeaient. Le jeune homme lui manquait terriblement. Il en était surpris lui-même.

 

Le confort de son appartement, la présence chaleureuse de Masao, celle électrique de Fuyuki lui donnaient l'envie de rentrer chez lui. Il téléphonait régulièrement... c'était une chance qu'il puisse au moins faire cela. Normalement, le lendemain, il allait recevoir son portable et il pourrait avoir une connexion internet. Il avait fait acheter le même pour l'appartement. Ainsi, il allait pouvoir voir les deux amours de sa vie.

 

Un coup léger frappé à la porte le tira de ses pensées. La voix de Yuki Okimoto une des assistantes de plateau, le tira de ses pensées.

 

« Rei-san... nous vous attendons sur le tournage. Tout est prêt...

— J'arrive tout de suite ! »

 

Nanashi quitta sa caravane et rejoignit la maison qui était la « sienne » durant ce tournage. Il passa devant les techniciens qui s'affairaient et évita quelques câbles. Il pénétra dans le salon où devait se jouer sa première scène de baiser. Quelle ironie que ce soit avec un homme. Enfin, il était en quelque sorte plus à l'aise, en ayant une relation avec Masao. Quoique non !

 

Les yeux bruns d'Itami lui firent froid dans le dos. La lueur aperçue le mis mal à l'aise. Il était évident qu'il tenterait par tous les moyens de le déstabiliser. Son sourire narquois n'annonçait rien de bon.

 

« Oh... la vedette daigne en fait se montrer ? Ironisa Itami.

— Je ne faisais pas de caprice... Rétorqua froidement Nanashi.

— Vraiment ? Nous vous attendions... encore...

— Yuya boucle-là ! Coupa Fujisama. Nous sommes partis te chercher comme nous l'avons fait pour Nanashi. Alors, je voudrais que tu te concentres sur la scène qui va avoir lieu, plutôt que de l'agacer et de m'énerver par la même occasion... N'oublie pas que c'est son premier baiser et qu'il le fait avec un homme... Il n'est pas gay.

— Je ne le suis pas non...

— Tu es bi... ça te donne un avantage ! Bon tout le monde en place !"

 

Fujisama se plaça derrière sa caméra et Nanashi vint rejoindre Itami devant la cheminée qui était éteinte. Enoki Arata le script vérifia une dernière fois le placement des acteurs et rejoignit Fujisama avec son chronomètre.

 

« Bon messieurs, je vous demande la plus grande concentration... Nanashi... ça ira ?"

 

Le mannequin tourna son visage vers Fujisama et lui adressa un petit sourire reconnaissant. Le mannequin fit abstraction du bourdonnement qui l'environnait.

 

« Oui... je vais très bien. Merci !

— Si quelque chose cloche, dit-le moi !

— T'es vraiment une « perle »... se moqua Itami.

 

Nanashi fit face avec le plus grand calme, à l'acteur devant lui. Ses traits s'effacèrent peu à peu pour être remplacé dans son esprit par ceux de Masao. Avec son entrainement, il parvenait à voir l'éclat émeraude dans les yeux sombres de Yuya. Inconsciemment, son expression changea pour devenir plus douce, plus sensuelle. Itami observa la transformation qui s'opérait chez l'acteur en face de lui. Car même s'il passait son temps à le rabaisser, cet enfoiré de mannequin avait l'étoffe d'un grand acteur.

 

Pour lui, ce type était une réelle menace. Il allait le ridiculiser une bonne fois pour toute avec ce baiser. La voix de Fujisama se fit entendre lointaine pour les deux acteurs qui se faisaient faces à présent, dans une attitude de colère simulée... Quoique... songea Fujisama.

 

« Moteur... Action !

« Je ne pense pas que tu te rendes vraiment compte de ce que cela implique entre nous ! S'énerva Yuya déjà entré dans son personnage comme dans une seconde peau.

— Toi, toi, toi... Répondit sombrement Nanashi. Tu me repousses sans cesse mais, je me demande si ce n'est pas toi finalement qui a peur !

— Peur ? Moi..."

 

Yuya s'éloigna en éclatant de rire. Il enfouit les mains profondément dans ses poches, tout en regardant de biais son interlocuteur. L'anxiété couvait dans les prunelles sombres.

 

« Peur ? En fait... tu agis comme si cette relation serait comme celle que tu entretiens avec toutes les femmes qui ont pu croisé ta route... je ne suis pas..."

 

Nanashi traversa l'espace et attrapa fiévreusement les épaules de Yuya. Son regard argent tourmenté et l'expression d'angoisse, de colère et... d'amour firent déglutir Itami, malgré lui.

 

« Alors, embrasse-moi ! Montre-moi... Fait quelque chose qui me prouve que nous ne sommes pas faits l'un pour l'autre.

— Tu l'auras voulu... » Grogna Yuya furieux.

 

Itami glissa ses mains sur le revers de la veste de Nanashi et sa main rampa sur sa nuque qu'il attira à lui. La bouche de Nanashi recouvrit la sienne et il ouvrit les yeux légèrement de surprise lorsque les lèvres souples du Mannequin répondirent à son baiser.

 

°°0°0°°

 

L'automne s'installait doucement. Même si le soleil faisait quelques apparitions, la plupart du temps, de gros nuages plus ou moins menaçants voilaient les timides éclaircis. Masao était rentré dans une sorte de routine. Nanashi était partie rejoindre le tournage et ne rentrait plus à l'appartement. Il téléphonait chaque jour, généralement après sa journée de tournage où entre deux prises. Cela dépendait des plans qu'on lui imposait. Fuyuki le prenait plutôt bien. En fait, elle était très fière de son père et ne voulait pas qu'il se tracasse pour elle.

 

Et puis, depuis la veille, la petite voyait son père par webcam. Masao avait trouvé Nanashi un peu amaigrit. Son expression fatiguée avait disparu lorsqu'il avait parlé avec Fuyuki qui ne se tarissait pas en anecdote. Masao avait eu quelques minutes en tête-à-tête avec le mannequin. Son expression préoccupée l'avait alerté. C'est à ce moment-là, que Masao s'était aperçu que Nanashi lui manquait terriblement. Jusque là, il avait pu se mentir et avoir une maîtrise de lui-même mais, de voir le visage si sérieux de Nanashi l'émouvait.

 

« Quelque chose te tracasse Nanashi ? »

 

Un petit silence s'était installé et Masao eut la nette impression que son amant se dandinait légèrement sur son siège. Finalement, Nanashi répondit crispé.

 

« J'ai embrassé Itami Yuya hier... »

 

Masao devint blême. Puis, se reprenant et surtout pour se rassurer, il demanda d'une voix blanche.

 

« C'était... pour le film ?

— Bien sûr ! Je ne supporte pas ce type... Le tournage pourrait être agréable, s'il n'était pas là.

— Tu... Tu as apprécié ? Demanda anxieux Masao.

— Apprécié ? » Répéta hébété Nanashi. Puis son regard s'éclaira pour s'assombrir à nouveau. « Pas du tout. Une chance, c'était bon à la première prise ! Enfin, maintenant au niveau des scènes un peu... hum... Je dois jouer une scène dans un lit. Je n'ose même pas imaginer comment cela va se passer. Masao... Tu ne pourrais pas venir ici quelques jours où une après-midi... » Supplia Nanashi, une expression désarmée sur ses traits.

 

Masao déglutit. Il savait pertinemment que Nanashi lui faisait un caprice. Même si, ce n'était jamais aussi flagrant qu'à cet instant. Il ne se laissa pas démonter pour autant. L'atmosphère se modifia pourtant et ce malgré la distance. Chacun observait l'autre avec avidité, tendu vers cet espoir de se voir ne serait-ce que quelques minutes. Pourtant, Masao devait se résoudre à être raisonnable. C'est presque en tremblant qu'il répondit.

 

« Quand veux-tu que nous venions ? Je pensais que nous devions être discrets ? Si... enfin, si nous nous déplacions, nous risquons d'être découverts !

— Les week-ends sont longs... Souffla le mannequin visiblement très déçut.

— Pour moi aussi... l'appartement est vide sans toi... » Chuchota Masao en se penchant en avant.

 

Il posa un coude sur la table et se pris la tête dans une de ses mains. Du bout du doigt, il effleura l'écran pour caresser les contours du visage de Nanashi qu'il connaissait depuis si longtemps. Cela lui semblait tellement loin... et en même temps, ça le renvoyait cruellement à l'époque où il l'admirait de loin. Nanashi tenta de reproduire le geste, puis rétracta sa main pour la poser devant lui.

 

« Tu ne t'ennuies pas trop ? Interrogea Nanashi.

— Si... un peu... alors... hum..."

 

Le jeune homme se racla la gorge et joua nerveusement avec ses doigts.

 

« Tu veux faire quelque chose ?

— Je voudrais reprendre des cours...

— Des cours de quoi ? » S'étonna Nanashi.

 

Le mannequin se creusa la tête mais, il ne voyait pas dans quel domaine, son amant voulait se lancer.

 

« Je voudrais m'inscrire dans une école de cuisine. En fait, de pâtisserie. Les cours ont lieu en même temps que ceux de Fuyuki et cela ne serait pas une gêne pour m'occuper d'elle. »

 

Nanashi observa le jeune homme au travers de la webcam. Masao s'était animé durant quelques instants. Ce qui était très rare. Autrement dit, cela prouvait tout l'intérêt qu'il portait à la chose. Il hocha la tête

 

« D'accord pour que tu le fasses mais, je ne veux pas que tu négliges Fuyuki... et moi... quand je reviendrai à la maison... »

 

La voix du mannequin était devenue plus rauque. Le fait de mentionner son retour chez lui, procurait à Nanashi une douce chaleur au creux de l'estomac. Il se pencha en avant et caressa son écran, une expression nostalgique imprégnait ses traits à présent.

 

« J'ai hâte de rentrer...

— Plus que quelques petites semaines. »

 

Les encouragements de Masao ne semblaient pas atteindre Nanashi. Finalement, ce qu'il prenait pour un caprice, avait une origine bien plus profonde. Quand il éteignit l'ordinateur quelques minutes plus tard, Masao resta figé sur sa chaise quelques minutes, indécis. Peut-être aurait-il dû accepter de se déplacer ? Nanashi lui manquait terriblement à présent et Masao se traita d'imbécile.

 

Il se leva et attrapa le calendrier scolaire accroché sur le panneau de la cuisine. Il ne pouvait se déplacer que le week-end. Et encore. Il devait partir le samedi matin pour rentrer le dimanche midi.

 

Sans attendre Masao bientôt rejoint par Fuyuki avec son cahier d'activité vint le rejoindre.

« Tu fais quoi Masao ?

— Je vais regarder les horaires de train...

— Pour aller où ?

— Voir ton papa sur le tournage...

— Chouette ! » Hurla Fuyuki.

 

La petite effectua des sauts dans toute la cuisine et Masao tenta de la calmer.

 

« Attend, je vérifie les horaires de train. Par contre, je souhaite que tu ne dises rien à ton père. Se sera notre surprise...

— C'est encore plus génial... »

 

Sans attendre et Fuyuki sur les genoux, Masao et elle, consultèrent les horaires et organisèrent leur sortie sur les lieux du tournage. Là, le jeune homme regretta amèrement de ne pas avoir son permis. Il venait de débuter ses leçons de codes. Toutefois, c'est avec une certaine délectation qu'ils trouvèrent un hôtel non loin et en moins d'une heure le voyage fut ficelé.

 

Ensuite, Masao envoya la petite se laver pendant qu'il préparait le repas. Quand elle revint, le jeune homme la servit et s'installa à côté d'elle pour déguster son gyū-don*. Masao reprit la conversation

 

« J'ai demandé à ton père... pour les cours de cuisine...

— Il a dit oui ?" S'enquit Fuyuki.

 

Il était évident pour elle, que son père ne pouvait pas refuser. Un sourire fleurit sur les lèvres de Masao en voyant la confiance que la petite avait en son géniteur.

 

« Il est d'accord à condition...

— Que tu t'occupes toujours de nous... je parie !

— Oui... tu as deviné. Tu connais bien ton père.

— Bien sûr ! Et toi aussi, je vais apprendre à te connaître...

— Je n'en doute pas. » Sourit toujours Masao.

 

Fuyuki entra dans une intense réflexion et commença à faire un petit récapitulatif

 

« Tu aimes faire la cuisine, t'occuper des autres... Tu n'aimes pas beaucoup la foule, mais, tu souris toujours. Surtout que les mamans de mes copines viennent te draguer. Tu sais... tu as la côte." Affirma Fuyuki avec un air entendu."Mais, j'dis rien à personne pour toi et papa. »

 

Fuyuki attrapa son verre d'eau et bu une gorgée avant de reprendre sous l'oeil amusé de Masao.

 

« T'es aussi très travailleur... Tu te mets rarement en colère. Tu ne fumes pas, tu ne joues pas... et... tu dois avoir d'autres qualités puisque papa t'aime !

— J'ai aussi des défauts... Déclara Masao en essayant de brosser un portrait plus noir.

— Peut-être mais, moi j'en vois pas ! Et puis, la vérité sort de la bouche des enfants... tu n'le sais pas ça ?

— Apparemment pas... Sourit le jeune homme.

— Et bien maintenant tu le sais...

— Fuyuki... Je ne pourrai pas... agir comme à la maison avec ton papa. Alors, ne soit pas surprise samedi.

— Je le sais... Ne t'inquiète pas. »

 

Une heure plus tard l'appartement était silencieux. Masao s'enfonça sous ses couvertures, impatient de rencontrer Nanashi dans les prochains jours. Tout ce qu'il espérait c'est que Nanashi apprécie la surprise.

 

°°0°0°°

 

C'est installé confortablement dans le shinkansen pour prendre la direction du Sud-Ouest que le couple Masao et Fuyuki démarra cette journée de très bonne heure. Il était à peine 5h 30 du matin et Fuyuki réprima un bâillement intempestif.

 

« Je me demandais tout à l'heure si j'allais pouvoir dormir à nouveau... bailla à nouveau la petite fille.

— Je te réveillerai lorsque nous serons arrivés.

— Promis ?

— Promis...

— Tu ne t'endors pas... on pourrait rater notre arrêt !

— Je ne dormirai pas... Regarde, j'ai pris des magasines...

— A tout à l'heure... »

 

Fuyuki se cala contre son siège et ne tarda pas à sombrer dans les limbes du sommeil. Masao tira un magasine et feuilleta les pages cinémas de la brochure. Son esprit le ramenait sans cesse vers Nanashi. Le mannequin semblait de plus en plus fatigué et maintenant, Masao était terriblement inquiet. La veille, il avait préparé quelques plats pour régaler d'un pique-nique le père et la fille. Tout ce qu'il espérait, c'est que Nanashi soit libre. Innocemment, Masao avait posé la question et Nanashi avait répondu qu'il restait à son hôtel durant sa journée de repos. Il était épuisé. Masao s'était abstint d'enfoncer le clou.

 

Les journées avaient été longues et courtes durant la semaine et c'est nerveusement que Masao croisait et décroisait ses jambes. Finalement, il finit par s'endormir aussi, le magasine ouvert sur sa poitrine. Ce fut Fuyuki qui le réveilla.

 

« Masao ! On est arrivé ! Et en plus tu t'es endormi... menteur !

— Désolé... J'ai eut un petit coup de barre. Marmonna Masao.

— Tss... dépêche-toi d'attraper notre bagage. Commanda Fuyuki faussement en colère.

— Tu n'as rien oublié ?

— Moi ? Non... regarde ! »

 

La petite tourna sur elle-même. Elle avait déjà enfilé son manteau, son chapeau et ses gants. Masao attrapa sa veste et sa valise de voyage. Ils descendirent sur le quai et traversèrent la gare sous le regard curieux des passagers. Le jeune homme héla un taxi et donna l'adresse de son hôtel. La course fut plus rapide que Masao l'imaginait.

 

°°0°0°°

 

Nanashi se réveilla tard. Il allait pouvoir récupérer un peu. Les journées de tournage étaient longues et l'attende devenait insupportable avec Itami dans les parages. Il soupira et s'enroula un peu plus sous la couette. Pourquoi cet imbécile avait été choisit pour le tournage. Tout ce qu'il savait à présent, c'est que Fujisama appréciait les scènes qu'ils tournaient lui et cet acteur prétentieux. En fait, il se transformait littéralement sous ses yeux. Quelques fois, Nanashi avait l'impression de se trouver face à un autre homme. Il se laissait littéralement emporté par le jeu de Yuya.

 

S'il n'était pas si imbuvable en dehors des tournages, ce type pourrait être un homme charmant et très intéressant. Que devait-il faire ? De plus, il était troublé par les scènes qu'il jouait. Tout semblait tellement réel entre eux durant quelques minutes. Nanashi avait de moins en moins recours à l'image de Masao, il se glissait maintenant avec facilité dans la peau de son personnage qui était amoureux fou du personnage d'Itami.

 

Il en était à se demander, si lui-même ne finirait pas par tomber amoureux de ce type exécrable. Son regard observa l'horaire affiché par son radioréveil. Il était presque onze heures. Avait-il vraiment envie de se lever ? Les lourdes tentures lui dissimulaient à peine le temps gris qu'il devait faire à l'extérieur. Lorsque le téléphone sonna, il grogna et aurait voulu ne pas répondre mais, il le fit sans s'en apercevoir par pure réflexe.

 

« Rei Nanashi...

— Rei-san... excusez-moi de vous déranger mais, j'ai ici deux personnes... enfin une...

— ... donne-moi le téléphone, je veux parler à mon papa ! Hurla la voix de Fuyuki.

 

Nanashi se redressa comme un diable hors de sa boite. Son coeur battait la chamade, ce n'était pas possible, il rêvait ?

 

« Mademoiselle...

— Papa... Hurla Fuyuki.

— J'arrive tout de suite !

— Mais...

— J'arrive ! »

 

Nanashi attrapa les premiers vêtements qu'il avait sous la main et s'habilla à la va-vite. Il ne coiffa pas ses cheveux et il descendit par l'escalier délaissant l'ascenseur à un groupe de touristes. Quand il arriva dans le hall de l'hôtel, son regard s'arrêta immédiatement sur sa fille et sur Masao qui tentait de la calmer.

 

Le mannequin entendait les pleurs de sa fille.

 

« Mais, la surprise de papa est raté !

— Je suis sûr qu'il ne sera pas fâché... et qu'il...

— Je suis très heureux de cette surprise... »

 

Le duo leva les yeux sur le mannequin. Leurs regards s'éclairèrent de la même manière et Nanashi se retint à grand peine de les enlacer tous les deux en même temps. Seule Fuyuki bondit dans les bras de son père.

 

« Papa ! papa... je suis tellement contente ! »

 

Nanashi aurait reculé sous l'impact mais, tint bon. Son regard rencontra celui de Masao et il lui adressa un doux sourire reconnaissant. Fuyuki récupéra instantanément son attention.

 

« Papa... Masao et moi nous avons préparé le voyage pour te faire une surprise !

— Je suis très surpris... en effet ! Approuva le mannequin.

— On vient d'arriver ! S'exclama Fuyuki. On a déposé nos affaires à l'hôtel et après nous sommes venus ici directement.

— Vous êtes à un autre hôtel ? Interrogea Nanashi en dévisageant Masao.

— Oui... Celui-ci était complet, alors j'ai réservé dans un autre pas très loin d'ici.

— Venez... Ne restons pas ici ! »

 

Les deux hommes se dirigèrent vers l'ascenseur. Nanashi avait toujours Fuyuki dans les bras. Les employés et les touristes dévisageaient le trio, ainsi que Itami Yuya... très intrigué par cette apparition bruyante.

 

A peine la porte de la chambre se ferma derrière eux, que Nanashi prit Masao dans ses bras. Fuyuki était toujours accroché à son père. Bientôt le trio se tint dans les bras des uns des autres, émus.

 

« T'es même pas rasé et coiffé papa ! Reprocha Fuyuki.

— Je dormais encore quand le réceptionniste a appelé.

— Ah ouaih ? Tu étais fatigué ?

— Nous avons terminé tard hier soir et je m'accordais un peu de repos. »

 

Fuyuki était descendu des bras paternel pour fureter dans la chambre, mal rangée.

 

« Papa... Tu fais n'importe quoi ! »

 

Mais, Nanashi n'avait d'yeux que pour Masao qu'il prit à nouveau dans ses bras.

 

« Tu m'as manqué... » Chuchota le mannequin visiblement ému.

 — Je ne voulais pas te déranger. Répondit Masao en repoussant une des mèches défaites de Nanashi.

— Imbécile ! J'étais fou de joie en entendant la voix de Fuyuki. Quand tu m'as affirmé que tu ne pouvais pas venir, j'ai cru devenir fou... Te voir et te tenir entre mes bras...

— Masao a fait un pique-nique ! » Déclara fièrement Fuyuki.

 

Nanashi se recula et détailla Masao surpris. Le jeune homme ne transportait rien et il se demanda si c'était une plaisanterie.

 

« Il est à notre hôtel... J'ai pensé que tu apprécierais de changer de décor. Je vais rentrer pour tout préparer... je te laisse ici avec Fuyuki pour que vous puissiez discuter un petit peu...

— Je veux que tu restes !

— Nous aurons du temps tout à l'heure... Et puis, je suis sûre que Fuyuki a un tas de secrets à te raconter. »

 

Masao adressa un clin d'oeil à Nanashi qui hocha la tête. Il était évident qu'il était déboussolé et encore sous le coup de l'émotion. Ses cheveux défaits lui donnaient envie de plongé ses doigts à l'intérieur. Et puis, il mourrait envie de l'embrasser mais, il s'en abstenait. Si Masao s'écoutait, il ne le lâcherait pas facilement et il était préférable que Fuyuki ne soit pas présente lorsque cela se produirait. Nanashi semblait sur la même longueur d'onde que lui apparemment. La lueur de désir qui couvait dans son regard argent, le fit frissonner.

 

« Tu as froid Masao ? Demanda Fuyuki qui le fixait au même moment.

— Un peu... Souffla Masao. Je vous attends à l'hôtel ! »

Après un dernier regard, il quitta les lieux le coeur battant. De revoir Nanashi le bouleversait au plus haut point. Son odeur imprégnait maintenant son vêtement, rendant la brève séparation plus difficile qu'elle ne l'était déjà. Pourtant, Masao savait que Fuyuki voulait avoir son père un peu « toute seule ». Lui pouvait attendre encore un peu. Après tout, il était un adulte.

 

Il traversa le hall quand il se fit arrêter par une voix qui lui était familière sans vraiment l'être. Surpris, Masao se tourna et rencontra le regard sombre et magnétique de Yuya Itami.

 

« Excusez-moi... vous êtes un ami de Rei-san ?

— Non, son employé.

— Son employé ?" Yuya ne cacha pas sa surprise. "Ce salaud peut se payer un employé à plein temps ? »

 

L'homme éclata de rire et Masao plissa les yeux. L'acteur était bien loin des clichés que l'on pouvait se faire de lui. Certes, il était à tomber par terre et sa voix grave l'émouvait autant que lorsqu'il regardait un de ses films, pourtant, la lueur moqueuse dans son regard l'irritait très fortement. Pourtant, il resta de marbre face à cet homme qui respirait le fric à plein nez.

 

« Et il te paye pourquoi ? Pour chauffer son lit ? Ça expliquerait pourquoi ce mannequin sache si bien embrassé un homme...

— Itami-san. Je vous prie de m'excusez mais, je dois vous laisser.

— Tu es occupé ? Tu es foutrement beau !

— Serais-ce une proposition ? Demanda Masao froidement.

— Peut-être bien ! Je m'ennuie et si un employé désœuvré aussi que toi et surtout aussi bien roulé que toi traine dans ce trou pommé... je trouverai un moyen pour nous permettre de passer les prochaines heures de manière agréable.

— Je ne suis pas intéressé. Merci de me l'avoir proposé. »

 

Masao fit un demi-tour quasi-militaire et s'éloigna. Une main le retint. Masao observa entre ses paupières mi-close l'homme qui se collait à présent contre lui sans retenu.

 

« Ecoute-moi bien... petit prétentieux ! T'as une belle gueule et... je peux te payer pour que tu me fasses quelques faveurs. T'as besoin de frics non ?

— Lâchez-moi immédiatement ! »

 

Une veine palpita sur le coin de la tempe de Masao et sa mâchoire se rétracta. Une lueur dangereuse remplaça celle quasi-indifférente qui occupait ses prunelles quelques secondes auparavant. Masao sentait ses muscles se bander sous la tension nerveuse qui le gagnait. Il avait l'impression de retourner à ses cours de kendo et de se préparer à son prochain combat. L'atmosphère avait changé. Elle était devenue menaçante. L'acteur était véritablement envoûté par le changement d'attitude de l'employé de Rei. L'impression de danger qu'il ressentit en une fraction de seconde, le poussa à se reculer prestement du jeune homme. Il s'était lourdement trompé sur lui.

 

En le voyant entrer avec la gamine, il était persuadé d'avoir rencontré un père célibataire des plus ordinaires. Enfin, c'était une façon de parler. Tous les regards s'étaient braqués sur le jeune homme à la beauté saisissante. Quand il l'avait vu avec Nanashi Rei, il a tout d'abord était stupéfait de la réaction du mannequin. Jamais, il ne lui avait vu cet air si heureux. L'échange entre la petite et les deux hommes, Yuya en avait déduit qu'ils s'agissaient d'amis et que ce métis était amadouable.

 

Mais, il n'en était rien. Un frisson d'excitation le gagna soudainement. Cela faisait longtemps qu'il ne l'avait pas ressenti. Yuya observa l'employé quitter l'hôtel. Sa silhouette gracieuse engoncée dans un manteau en tweed de qualité, rehaussait son teint légèrement halée. Il était inexplicablement troublé par le côté sauvage que ce type ne devait pas montrer très souvent. Ses magnifiques yeux verts ressemblant à deux émeraudes polis par la colère l'avaient séduit. Les mèches rebelles qui tombaient sur son front les cachant en partie n'avait que suscité son envie de les repousser, pour mieux plonger ses orbes sombres dans celles clairs du jeune homme.

 

Itami se demandait même si Rei connaissait ce pan de sa personnalité, chez son employé ? Yuya se lécha les lèvres comme s'il allait dévorer la plus belle part de gâteau de toute sa vie.

 

Les semaines à venir, risquaient de devenir très attrayantes. Et si pour cela, il devait se rapprocher de Rei Nanashi, il n'allait certainement pas se gêner !

 

°°0°0°°

Gyū-don* (recette de ragout de bœuf et légumes).

 

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