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Masao entra dans sa chambre d’hôtel et avait déjà oublié ou plutôt repoussa dans un coin de sa tête l’incident avec Itami. Il était venu pour passer un agréable moment avec Nanashi et Fuyuki, il n’allait pas se laisser gâcher le week-end par cet acteur grossier. Masao sortit un bagage dont il sortit une couverture à carreau et toute une vaisselle pour pique-niquer. Il sortit les bento qu’il avait pris soin de placer dans une petite glacière réfrigérée.
Il venait juste de terminer de préparer le repas qu’un coup à la porte excitée se fit entendre. Masao sourit. Le coup n’était pas suffisamment bruyant pour être celui d’un adulte. Il invita
« Entre Fuyuki-chan… »
La porte s’ouvrit et apparut sur le seuil, Fuyuki et Nanashi qui ouvrit les yeux de surprise. La petite s’avança en bondissant de joie.
« C’est très beau Masao… Je… On le fera à la maison ? »
Le jeune homme leva les yeux vers Nanashi qui fixait toujours avec étonnement la couverture, les coussins, et la vaisselle posée sur le sol. Le mannequin répondit à sa fille qui criait
« Papa on le refera à la maison ?
— Pourquoi pas ? » Souffla Nanashi avec un sourire.
Il ferma la porte qui était restée entrouverte et s’avança dans la pièce. Son regard se posa avec chaleur sur Masao qui tentait de calmer Fuyuki excitée à l’idée de recommencer une expérience qu’elle n’avait pas encore vécue.
« Masao… Tu as fait le cœur dans le bento de papa ?
— Oui… »
Pour l’occasion, le jeune homme se sentit mal à l’aise. Il n’avait pas pour habitude de faire se genre de geste démonstratif mais, Fuyuki avait tellement insisté qu’il avait finit par céder. Apparemment, l’idée avait l’air de plaire à Nanashi qui s’empressa d’ouvrir ses boites. Un sourire s’afficha sur ses lèvres en voyant le plateau sur lequel, un cœur rose et des petits animaux étaient représentés.
« J’ai choisit la décoration… Déclara fièrement Fuyuki.
— Tu donnes trop de travail à Masao… reprocha en souriant Nanashi contredisant ainsi ce qu’il venait de dire.
— Masao était d’accord ! Hein c’est vrai Masao ? »
Le regard bleu de la petite était si assuré, que Masao ne put faire autrement que d’acquiescer. L’air moqueur qu’arborait Nanashi fit réagir le jeune homme
« Quoi ?
— Je trouve cela touchant et… sincèrement, ça me fait très plaisir. Je suis impatient de commencer.
— Eh ! Attend-nous papa ! »
Après les remerciements d’usage, Fuyuki se précipita sur la nourriture. Nanashi débuta son repas et le trouva bien meilleur que tout ce qu’il avait mangé depuis quelques semaines. Il dévora avec appétit. Il s’arrêta brusquement et rencontra le regard presque attendrit que Masao lui adressait.
« Je peux savoir ce qui te fais sourire Masao ?
— Je trouve que tu as maigri et te voir manger avec appétit me fait plaisir…
— Oui, mais t’es le meilleur cuisinier du monde ! Affirma la petite blonde.
— Peut-être pas Fuyuki… Murmura modestement Masao.
— Tu sais papa… Masao avait promis de ne pas s’endormir dans le train et bien… c’est moi qui l’aie réveillé.
— Vraiment ? Sourit Nanashi moqueur.
— J’étais plus fatigué que je ne l’aurai cru. Rougit légèrement Masao.
— Pourtant… tu devrais avoir moins de travail.
— C’est parce que… tu me manques… »
Masao avait hésité pour finir sa phrase. Fuyuki était là… et il hésitait encore à se montrer tendre envers son père en sa présence. Le regard du mannequin s’adoucit.
« À moi aussi… »
Nanashi se mit en tête d’expliquer toutes les péripéties de son tournage, pour détourner l’attention de Fuyuki qui semblait suspendu à leurs lèvres. Il avait une envie folle de prendre Masao dans ses bras mais, il ne le ferait pas de manière descente alors, il s’en abstenait. Lorsque le repas fut terminé Masao débarrassa et se fut en compagnie de Nanashi et de Fuyuki qu’il le fit.
« Puisque vous êtes là… pourquoi n’irions nous pas nous promener ?
— En voiture ?
— J’ai ma voiture oui… mais, je n’ai pas le droit de m’éloigner. Il vous faudra vous contenter de la ville…
— Super !
— On pourrait visiter le Zenko-ji et visiter le parc autour… aller au cinéma et ensuite, manger au restaurant ?
— Tout ça ? S’étonna Fuyuki.
— Oui… Si vous êtes assez en forme ! Je ne voudrai pas vous endormir…
— Non, non… je veux y aller ! »
Masao termina de plier et de ranger le panier qu’il réemballa dans un sac. Il vit soudain Nanashi seul dans la pièce et ce dernier fondit sur lui.
« Fuyuki est au toilette et elle nous a permis de nous faire un « bisou »
— Oh… »
Masao loucha de surprise lorsque les lèvres de Nanashi fondirent sur lui. Oubliant tout le reste, il enlaça son partenaire et le serra contre lui. Quatre longues semaines d’absence. C’était frustrant. Il avait cru pouvoir tenir sans rien dire mais, c’était devenu beaucoup plus dur ces dernières semaines.
Le bruit de la chasse d’eau, cassa le baiser et chacun se recula. Masao observa Nanashi et plissa les yeux. Le mannequin proposa.
« Nous y allons ? »
Le trio quitta la chambre. La ville dépaysa Masao. Lorsqu’ils étaient arrivés Fuyuki et lui, il songeait tellement à Nanashi qu’il n’avait absolument pas fait attention à son environnement. Contrairement à Tokyo, il n’y avait pas beaucoup d’immeubles et ceux-ci n’étaient pas très grands. Les maisons se succédaient et étaient colorées. Une sorte d’humidité régnait dans l’atmosphère, certainement dû aux nuages qui chevauchaient les montagnes.
Bientôt, ils déambulèrent en centre ville et Fuyuki fit acheter une montagne de bijoux et breloques. Les magasins de souvenirs furent dévaliser et enfin, ils échouèrent dans un self où ils se firent servir des crêpes au chocolat fondu. Sous la table, la cuisse de Masao frôla celle de Nanashi. Son pied rencontra le sien et Masao se tenait de telle sorte qu’il puisse voir son compagnon. Ce dernier affichait une légère coloration sur ses joues.
Rien n’était équivoque dans son comportement vu de l’extérieur mais, Masao en était persuadé… Nanashi était très mal à l’aise. Ils sortaient si rarement en public, où s’ils le faisaient s’étaient dans des endroits plutôt désert ou très discret que d’être à la vue de tous, tétanisait le mannequin. Masao sentit quelque chose remuer en lui. Il comprenait les motivations de Nanashi, il était loin d’être bête… Mais, il se demanda à quel moment ils pourraient réellement être eux-mêmes ? Nanashi avait dit qu’ils pourraient s’embrasser devant la petite mais, il était tellement hésitant qu’il n’osait pas franchir le cap.
Les questions s’arrêtèrent brutalement dans la tête de Masao. Il voulait profiter de l’occasion d’être avec Nanashi pour ne serait-ce que lui parler. La journée défila rapidement et lorsque l’obscurité envahit peu à peu l’horizon, ils avaient gagné le restaurant de l’hôtel. Pour la plus grande joie de Fuyuki.
°°0°0°°
L’après midi avait semblé long pour Yuya. Il avait bu quelques verres avec des membres de l’équipe de tournage et il commençait sérieusement à tourner en rond. Il avait essayé de fureter autour de l’hôtel quelques temps plus tard. Yuya savait qu’il n’aurait aucune chance de pouvoir tomber sur l’employé dont, il ne connaissait pas le nom… pour l’instant. Non, il l’avait fait pour voir s’il trouverait des choses intéressantes à glaner. Malheureusement pour lui, cet hôtel était presque désert… En désespoir de cause, il s’était installé au bar.
Le comédien s’était placé de telle sorte qu’on ne le remarque pas. Quoique, il du signer quelques autographes de quelques téméraires et se soumettre à quelques pauses photographiques. Il allait partir lorsqu’il vit revenir Rei accompagné d’une petite fille blonde qui devait être sa fille et de son employé. Employé ? Vraiment ? Songea Yuya. Le regard qu’échangeaient les deux hommes ne laissait pas beaucoup de place aux doutes. Il les observa s’installer à une table du restaurant.
De là, où il se trouvait le comédien voyait parfaitement leur place. Il se commanda un nouveau whisky et se promit de ne pas en prendre un autre, où il allait rouler sous le bar. Son regard glissa sous la table et un sourire ironique flotta sur les lèvres de l’acteur.
°°0°0°°
Masao était assis au milieu de son lit. Pensif, il attendait la venue de Nanashi. La journée s’était plutôt bien déroulée. Masao avait tenté de se rapprocher discrètement de Nanashi. Mais, le mannequin devenu acteur semblait se dérober à ses attouchements timides. La nervosité commençait à le gagner. Pourquoi se sentait-il toujours aussi mal à l’aise ? Toujours sur la défensive ? Pourquoi n’arrivait-il pas à être heureux tout simplement ?
L’expression de plaisir qu’avait Nanashi entre ses bras n’était pas feinte. Les regards complices qu’il lui adressait ne provenaient pas de son imagination. Les doigts de Masao étreignirent les draps. Il ne pouvait quitter sa chambre au cas où la petite se lèverait pour le rejoindre. Lorsqu’enfin un grattement se fit entendre à sa porte, Masao bondit.
Le regard mercure le transporta et c’est en le tirant à lui que Masao s’aperçut l’étendu de son désir et de sa frustration. Abandonnant sa réserve, le jeune homme plaqua sa bouche contre celle de son amant. Ses mains cherchant fiévreusement à étreindre le mannequin. Nanashi répondait avec ardeur à son étreinte. La même faim semblait le tenailler.
« Masao… » Chuchota Nanashi lorsque le baiser cassa.
Ce dernier s’aperçut qu’il était plaqué contre le mur plutôt durement et les yeux verts si expressif de son amant étaient sombres. Le mannequin fut déconcerté par cette attitude qu’il découvrait chez son compagnon.
« Quelque chose s’est produit ?
— Tu n’es pas là… et j’ai cru que tu ne viendrais plus. Je me sens si… désespéré.
— Je n’ai pas pu te rejoindre plus tôt, car j’ai été abordé par l’équipe pour boire un verre. Je n’ai pas pu repousser l’offre. Je suis venu aussi vite que je le pouvais. »
Les mains de Masao parcouraient inlassablement le corps de Nanashi comme pour s’assurer qu’il était présent.
« Tu me manques Nanashi… terriblement… »
Avant qu’il ne puisse répondre Masao reprit les lèvres sensuelles. Nanashi se laissa emporter par la nouvelle étreinte. Ils ne prirent pas le temps de se parler. Les deux hommes étaient dans l’urgence de leurs sentiments. Les vêtements tombèrent rapidement sur le sol. Leurs regards ne se quittaient pas. Leurs lèvres se prenaient au rythme de leurs respirations.
Masao prit son amant contre le mur. Nanashi avait les doigts qui s’incrustaient presque sur la paroi tapissée de fleurs. Ses gémissements s’étouffaient. Nanashi se retenait de crier son plaisir. Masao le transportait. Comment avait-il pu oublier le trouble et la chaleur que lui transmettait son amant ?
Allongé un peu plus tard sur les draps, Nanashi se redressa sur le coude et observa son compagnon.
« Masao… je n’en ai plus pour très longtemps avant de rejoindre la maison. Alors attend-moi patiemment. »
Ses doigts parcouraient la bouche sensuelle qui retint prisonnier une de ses phalanges. Leurs regards se rencontra brièvement et un sourire se format sur les lèvres de Nanashi.
« Ne me dit pas que tu t’ennuis… tes progrès en cuisine sont assez remarquable. Je n’avais pas à me plaindre avant mais, tu es devenu un véritable cordon bleu…
— J’aime ses cours de pâtisserie….
— Je vois ça…
— Je t’attendrai Nanashi… Je t’attendrai le temps qu’il faudra.
— Je l’espère bien… » Sourit de manière séduisante l’acteur.
Nanashi se redressa et parcourut la chambre pour ramasser ses affaires.
« Tu pars ? S’étonna Masao.
— Je voudrai me reposer et demain matin, je n’ai pas envie que Fuyuki me trouve entre tes draps. Je préfère venir vous rejoindre plus officiellement dans la journée.
— Mais… Nous nous sommes à peine vu…
— Je le sais moi aussi, cela m’agace.
— Nanashi…
— Masao, j’ai un travail qui ne me permet pas de m’afficher avec un homme. Comprend simplement que j’essaye en plus de vous préserver toi et Fuyuki. Les journalistes viennent souvent nous voir Yuya et moi et…
— Yuya ? Coupa Masao en se redressant. Depuis, quand l’appelles-tu par son prénom…
— Je ne l’appelle pas par son prénom…
— Pourtant, tu viens de le faire…
— Peut-être à cause des scènes que nous tournons… je me sens plus… proche.
Masao fronça les sourcils. Nanashi était déjà habillé et le mannequin repoussait ses longs cheveux de jais pour se tourner ensuite vers son amant.
« Masao… Il n’y a que toi dans mon cœur. Tu n’as aucune raison de te sentir jaloux. »
Nanashi se laissa tomber à côté de Masao, sa main parcourait le visage grave du jeune homme. Depuis quand avait-il trouvé cette assurance ? Quelque chose en Masao s’était modifié. Le regard qu’il posait sur lui était possessif, il n’était plus celui d’un jeune homme timide. Il était celui d’un homme amoureux certes, mais plein d’assurance et de certitudes. Un frisson traversa Nanashi. Quelque part, il avait l’impression d’être face à un inconnu. Il était temps pour lui de rentrer et de faire face à Masao et de reprendre les choses en main.
Il se leva alors que Masao s’était redressé pour l’embrasser. Nanashi ne vit pas la mine contrarié de son amant. Il s’éloigna et déclara avec une aisance qu’il se sentait loin d’éprouver.
« Je te vois demain… avec Fuyuki.
— Très bien… au matin ?
— Bien sur… de toute façon, tu rentres de bonne heure dans l’après-midi…
Nanashi lança un dernier regard en arrière et adressa un sourire rassurant à son amant qui s’asseyait au bord du lit. La musculature puissante de Masao le fit déglutir. Quand avait-il confondu cet homme avec un adolescent ?
Masao jura entre ses dents lorsque la porte se referma. Il leva les yeux au plafond et respira à plusieurs reprisent pour calmer ses nerfs. Il avait tenté de rester calme et de poser un regard serein sur Nanashi. Mais, son départ qui ressemblait à une fuite l’agaçait. Masao se leva et se dirigea vers la douche. Il allait reprendre les choses en main. Il ne pouvait pas laisser Nanashi se comporter de cette manière.
°°0o0°°
Plusieurs jours de pluies se succédèrent. Fuyuki ne tenait plus en place depuis qu’elle avait vu à nouveau son père. La petite avait fait une vie lorsqu’ils avaient du revenir de leurs escapades. Finalement, Nanashi avait réussit à acheter sa fille avec la promesse d’une sortie au parc d’attraction et des sorties shopping. Masao avait eu un sourire amer en songeant que lui ne pouvait pas faire de tel caprice.
Pour tromper ses craintes, Masao s’était lancé à corps perdu dans la cuisine. Il suivait ses cours avec assiduité et s’attira l’admiration de son professeur. Des projets commençaient à se former dans sa tête. Son responsable vint le trouver un de ces jours particulièrement pluvieux. Masao s’était retranché derrière une barrière et fumait une cigarette durant la pause en observant, absent le rideau argenté qui s’abattait sur la ville.
« Ishihara-san… je vous cherchais… »
Masao se redressa et écrasa son mégot.
« J’aimerai discuter quelques instants avec vous…
— Bien sur… Ogawa-sensei.
— Suivez-moi… nous serons mieux à l’intérieur. »
Masao suivit son professeur sans un mot. Il était assez curieux de connaître le motif de cet entretien. Il ne lui semblait pas avoir fait de bêtises ou d’avoir eu une attitude déplacé quelconque. Même s’il était très sollicité par les mères de familles qui suivaient ses cours très prisé.
« Asseyez-vous Ishihara-san… Ne soyez pas si nerveux, fit avec un léger sourire Ogawa ne constatant l’attitude défensive de son élève. Je vous ai convoqué parce que j’aimerai que vous rejoigniez l’établissement de mon cousin.
— Pardon ? »
Masao ouvrit de grands stupéfaits. Ogawa éclata de rire et serra ses mains nerveusement. Il prenait les devants pour être sûr de pouvoir attirer l’attention du jeune homme et lui laisser le temps de réfléchir.
« Vous êtes un très bon élément… voir le meilleur que nous ayons eu jusqu’à présent. Vous êtes sérieux et vous progressez très vite. Il nous est difficile de trouver des personnes aussi motivées pour intégrer les cours de cuisine, la plupart considérant cet art comme un plus dans leur vie quotidienne. Vous êtes différent…. »
Ogawa reprit sa respiration et scruta le visage de son interlocuteur pour s’assurer qu’il suivait bien la conversation. Voyant l’intérêt dans le regard de Masao, il continua
« Mon cousin recherche des jeunes à former pour son hôtel, restaurant. Il est très difficile de trouver du personnel qui soit spécialisé en cuisine occidental et surtout dans le domaine de la pâtisserie. J’aimerai que vous le rencontriez.
— Je… je ne sais pas… » répliqua Masao déconcerté.
— Oh… la proposition est plus qu’honnête et vous bénéficierez de bonnes conditions de travail.
— J’ai déjà un travail Ogawa-sensei.
— Oui… comme homme à tout faire ? Je pense que vous valez mieux que cela. Le restaurant de mon cousin possède cinq étoiles. Il s’agit d’un établissement de luxe, situé à Ginza. Je pense que vous devriez au moins rencontrer Naomi est quelqu’un qui pourrait faire une forte impression sur vous.
— Je…
— C’est simplement une rencontre… Peut-être ne conviendrez-vous pas ? Mon cousin s’attache beaucoup à une bonne entente dans l’équipe.
Masao resta perplexe. Puis, une rencontre ne l’engageait à rien après tout. Il était assez curieux de connaitre l’environnement d’une grande cuisine.
« D’accord… mais, se sera simplement une rencontre.
— Hai ! Vous ne le regretterez pas…
— Pardon… mais, pourquoi ne rejoignez vous pas votre cousin ? » S’étonna Masao en détaillant la silhouette filiforme de son professeur.
— Oh… parce que j’ai ma propre affaire. Je suis devenu beaucoup plus un administrateur avec le temps. Les cours de pâtisserie me permettent de garder le contact avec un milieu que j’aime particulièrement.
— Je vois… Quand dois-je rencontrer votre cousin ?
— Je vais voir avec lui… je voulais d’abord obtenir votre accord. Je pense qu’il voudra vous rencontrer rapidement.
— Je ne pourrai pas les week-ends… à cause de mon travail… et, ne lui donner pas beaucoup d’espoir. J’y vais surtout par curiosité. Avoua Masao.
— S’il veut vraiment vous avoir dans son personnel, je pense qu’il se donnera les moyens de vous convaincre. »
Le regard de Masao s’attarda sur l’homme d’une quarantaine d’année. Il portait un tablier blanc immaculé qui lui donnait presque l’air d’un fantôme. Entre la pâleur de ses traits et sa minceur, il semblait flotter à l’intérieur. Un petit couvre-chef en forme de casquette était posé bien aligné sur son crâne. C’était le genre de brave type qui vivait une vie calme auprès d’une famille rangée. Les deux hommes regagnèrent la salle de cours et l’expression d’Ogawa redevint sévère, comme toujours lorsqu’il transmettait son savoir. Pourtant, il était un homme agréable des qu’il quittait son rôle. Un sourire éclaira les traits de Masao qui voyait son moral remonté. C’était toujours agréable d’être sollicité. D’autant qu’on le reconnaissait pour ses capacités…
°°0o0°°
Installé confortablement, Masao et Fuyuki mangeaient des popcorns. Ils venaient de finir de visionner un film sur le blue ray quand en changeant de télécommande, ils tombèrent sur le show d’Ayako Kuze. L’image cadra Itami Yuya et Nanashi.
« C’est papa ! » S’exclama la petite toute excitée.
Masao resta figé. Nanashi ne l’avait pas prévenu de son passage télé. Il resta tétanisé alors que Fuyuki s’installait devant l’écran pour boire les paroles de la journaliste.
« … votre partenaire est-il à la hauteur de vos espérances ? Interrogeait la journaliste avec un sourire entendu à l’intention d’Itami.
Ce dernier répondit avec un sourire séducteur
« Bien sur, je n’ai pas l’habitude de me retrouver avec un partenaire masculin mais, la fraicheur du jeu de mon partenaire me permet facilement de pouvoir le remplacer par l’image d’une belle femme…
— Vous sous-entendez que Rei-san pourrait-être une femme ?
— Oh… je n’irai pas jusque là mais, je dois dire que j’ai rarement échangé des baisers aussi passionnels avec mes partenaires féminines. »
Masao se leva brutalement et appela Fuyuki qui fronçait les sourcils.
« Viens, il est l’heure pour toi d’aller te coucher…
— Mais papa…
— Je ne pense pas que cette émission soit pour toi… Nous essaierons demain de contacter ton père… Je suis sûre que tu préféreras lui parler directement que de suivre les inepties d’une télévision…
— Mais…
— J’ai accepté de regarder un film avec toi mais, demain tu as l’école…
Fuyuki fronça les sourcils et jeta un regard vers son père qui visiblement semblait contrarié malgré l’attitude décontractée qu’il affichait.
« … Rei-san, je vous remercie d’avoir accepté cette invitation. Vous sentez-vous à l’aise dans ce premier rôle ? Après tout jouer un homosexuel alors que vous êtes hétéro doit-être très particulier pour vous… »
Masao intervint
« Je suis sûre que se sera plus intéressant lorsque tu parleras avec ton papa… C’est une émission pour les adultes Fuyuki…
— Et tu veux me cacher quelque chose ? Je sais que toi et papa vous vous faites des bisous !
— Euh… Disons que les journalistes posent des questions qui peuvent être embarrassantes.
— Pour qui ?
— Quoi ?
— Embarrassante ? Interrogea sans lâcher Fuyuki. Tu ne veux pas que j’entende des choses ?
— C’est la manière dont parlent les journalistes qui m’inquiète. Je ne pense pas que l’émission de Kaze-san soit destinée aux enfants de ton âge et si… Kaze-san disait des choses blessantes à ton papa… tu le prendrais comment ?
— Je serai en colère et je voudrai me venger ! »
La moue bagarreuse qui s’affichait sur les traits de la petite fille faillit faire rire Masao qui adressa un clin d’œil à la petite.
« Viens… je pense que tu verras d’autres émissions où ton papa sera à son avantage.
— D’accord… Au fait, c’est pour ça que toi et papa vous ne m’avez rien dit alors ?
— Oui… c’est pour cela… »
Masao n’était tout simplement pas au courant. Le jeune homme borda Fuyuki et du lui raconter une histoire un petit quart d’heure plus tard, il sortit sur la pointe des pieds. Masao posa un bras contre le mur extérieur de la chambre. Le jeune homme se dirigea vers la salle pour suivre la fin du show de Kaze-san. Il vit Itami et Nanashi participer à des jeux et les questions étaient devenues bonne enfant, toujours avec des allusions déplacées de la part d’Itami.
Durant quelques instants, les yeux de Masao rencontrèrent l’argent de Nanashi. Le jeune homme eut l’impression d’être projeté dans une partie de sa vie qui lui paraissait si lointaine à présent. Celle où il admirait Nanashi sur des posters, beauté froide et inaccessible. Masao glissa sur le sol et rejoignit l’écran ses doigts se posèrent sur l’écran plasma touchant les contours du visage de celui avec lequel il partageait sa vie.
Le sourire chaleureux de Nanashi lui revint en mémoire. Masao se recula et s’entoura de ses bras. Il attrapa la télécommande au bout de quelques minutes. Il n’était pas le genre à pleurer ou plutôt, il ne voulait plus pleurer sur son sort. Cela faisait partie du jeu après tout… Masao se redressa, son regard était glacé.
°°0o0°°
Nanashi quitta le plateau télé excédé. Il traversa les couloirs sans voir les gens qu’il croisait. La voix d’Itami lui parvenait mais, il l’ignora superbement. Ce type était un démon…. Qui l’attirait mais, ça c’était une autre histoire.
« Voyons Nanashi… soyez décontracté ! Cela fait partit du jeu… Comment voulez-vous faire de l’audience si vous prenez votre éternel air coincé. C’est jouissif comme situation, reconnaissez-le et puis… je suis loin d’avoir mentit sur certaines choses ! »
Nanashi se tourna et poussa violemment Itami contre le mur, ce dernier haussa les sourcils surpris et se redressa et attrapa le mannequin par les revers de sa veste.
« Vous pouvez-vous amuser autant que vous le souhaitez… mais, ignorez-moi ! Si je veux rester qu’un sombre comédien ou mannequin cela ne regarde que moi.
— Les grands chevaux ? Arrêtez de vous la jouer… Je vous plais !
— Ne racontez pas n’importe quoi ! »
Nanashi voyant qu’ils étaient le centre d’intérêt relâcha son partenaire à l’écran et quitta les lieux toujours énervé. Il espérait que Masao n’ai pas vu l’émission. Tout se compliquait très sérieusement pour lui depuis quelques jours. Ses rapports avec Itami étaient de plus en plus ambigus. Parfois, il avait l’impression que l’image de Masao s’imposait à lui parce qu’il pensait à Fuyuki. Que lui arrivait-il ?
Il ne lui restait plus que quelques jours à tenir avant de rejoindre enfin son amant. Quelque part, Nanashi n’attendait que cela. L’ambiance rassurante de son appartement, la routine avec Fuyuki, la chaleur du regard de Masao tout lui manquait. Alors pourquoi son cœur s’emballait durant les scènes où Itami le prenait dans ses bras, où leurs lèvres se touchaient ? C’était stupide… simplement stupide. Nanashi ne se reconnaissait plus.
« Vous pensez à lui ? »
Surpris d’entendre la voix d’Itami, Nanashi tourna son visage vers le comédien qui le scrutait amusé.
« L’aimez-vous encore Rei-san ?
— Mais, de quoi me parlez-vous ?
— De votre homme à tout faire… Il vous manque ?
— Bouclez-là ! Ma fille me manque, pour le reste…
— Vous pouvez essayer de mentir à d’autres Rei-san mais, il se trouve que je vous ai vu sortir de la chambre de votre petit ami… très sexy au passage.
— Que…
— Vous êtes surpris ? » Ricana Itami. « Ne vous inquiétez pas, je ne dirai rien… par contre, je me demande combien de temps encore vous garderez votre masque d’impassibilité. Ce self-control… »
Itami donna l’impression d’avoir un frisson mais, le sourire moqueur qui effleurait toujours ses lèvres donna une certaine envie à Nanashi de lui balancer son poing à la figure. Il préféra tourner les talons troublé par le regard de braise de l’acteur.
« Vous savez… moi aussi, je craque pour lui… »
Nanashi se figea. Ses paroles dites sur un ton moqueur éveillèrent en lui un mélange de colère et… de jalousie. Le mannequin se tourna lentement vers Itami qui avait abandonné son sourire et l’observait très sérieusement.
« Dites-vous bien… si vous n’arrivez pas à conserver votre bien, je ne me gênerai pas pour vous l’enlever…
— Vous ne le connaissez même pas ! Vous l’avez entraperçut. Ne me faites pas rire… Ce n’est qu’un jeu pour vous. Déclara glacial Nanashi, alors qu’un sentiment confus l’étreignait.
— Qui sait ? Sourit Yuya. Vous savez ce que j’aime chez lui ? C’est son animalité… son magnétisme, son regard courroucé, cet espèce d’aura dangereuse…
— Je ne suis pas sur que nous parlions du même homme… » Murmura Nanashi surpris. Quoique… le jeune homme l’avait surpris lors de leur dernière nuit.
— Vraiment ? » Sourit Itami en retirant un chewing-gum de son étui pour l’avaler et le mâchouiller. « Je crois surtout que vous ne connaissez pas l’homme avec lequel vous vivez… Vous n’êtes pas fait l’un pour l’autre…
— Vous si ? » Ironisa Nanashi.
Yuya eut un petit sourire et s’éloigna. Son expression se modifia pour devenir très sérieuse. Le regard de Masao lui revint en mémoire. Ce type était un fauve… qui ne s’était pas découvert. Et son amant ne savait pas à quel genre d’homme, il partageait sa vie. Itami sentit sa gorge se nouer dans l’attente d’une prochaine rencontre. Il lui tardait que se film soit finit pour avoir enfin les mains libres.