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J'étais allongé dans mon lit à observer le plafond. La semaine avait défilé à une allure folle. Le déménagement de mes effets personnels avait occupé la plupart de mon temps libre. En ce cours laps de temps, j'ai tout de même réussi à vendre quelques affaires dont, je n'avais plus l'utilité ce qui m'avait permis de payer mon camion. J'ai pris mon fauteuil, ma télé, mon bureau, mon ordinateur, certains livres que j'appréciais, une étagère et une chaise. Le reste avait été vendu. J'en ai profité aussi pour donner ma démission... Je grimaçais en songeant au scandale que mon patron m'avait fait. Ce dernier avait perdu un employé qui lui apportait de la clientèle de par son physique... Inutile de dire que c'était un coup dur. Et puis, j'ai signé mes papiers pour démissionner de mes cours de facs. A mon grand étonnement, je l'avait fait avec soulagement.
Bref, petit à petit l'appartement dont je disposais à présent ressemblait "à un chez soi". Je songeais brutalement à la responsabilité de m'occuper d'un enfant. C'était d'autant plus terrible que ce n'était pas le mien et parfois, j'avais la vague impression de tâtonner maladroitement. Et puis, il y avait Rei Nanashi. Je le voyais peu... le terme croiser serait plus exact ! Mais, le mannequin lui adressait toujours un sourire chaleureux. Ce qui me troublait le plus, c'est qu'il se comportait avec moi, comme si j'avais toujours fait partit des meubles. C'était troublant... Pourtant, je ne me faisais guère d'illusions à son sujet et pourtant... je sentais mon cœur battre à chaque fois que je rencontrais ces yeux clairs si expressifs. Je savais ou plutôt, je présentais une part d'ombre derrière cette façade mais, Nanashi ne me ferait pas tout partagé de sa vie. Il se comportait avec moi certes avec une certaine sympathie... mais cela s'arrêtait là !
Mes yeux se fermèrent malgré moi et je m'endormis pour la première fois du sommeil du juste. Ce fut ma première nuit sans insomnies... reposante et tranquille comme je n'en avais pas connu depuis fort longtemps. Je devais beaucoup à Rei Nanashi et je tacherais de m'en souvenir le plus longtemps possible.
°°0°0°°
La fenêtre devant moi m'offrait le spectacle de mon propre reflet. J'avais été jeté un coup d'œil sur Fuyuki et j'étais heureux que cette dernière se montre aussi joyeuse ces derniers jours. Je connaissais la raison de son attitude. Et je dois bien avouer que moi-même... j'étais enchanté de la présence de Masao chez moi. En fait, je me surprends à penser de plus en plus souvent à lui. Au début, je pensais qu'il s'agissait uniquement de la pitié. Le fait, qu'il m'avoue sans détour que son père l'avait renvoyé de chez lui et qu'il se considérait sans famille, qu'il n'avait pas d'ami et d'amant... m'avait ébranlé.
Ces dans ces moment-là, que l'on se rend compte de la chance que l'on a d'avoir des amis, une enfant, de la famille qui vous aime et qui vous apporte son soutient... avec un travail gratifiant. Moi qui pleure si souvent sur mon sort... Masao m'a donné une leçon ce jour là, sans qu'il le sache. Masao... ce nom, je le roule dans mon esprit, je le pétris et je l'invoque presque. Est-ce que moi aussi... je serai tombé sous son charme ?
Je dois bien me l'avouer... même si je n'ai jamais été attiré par les hommes, son charme, son sourire rare, ses mèches plus ou moins longues, sa peau bronzée qui paraissait si velouté et surtout ses grands yeux verts qui me transperce... je dois bien me l'avouer... je le désir !
La tête de l'homme bascula en avant et les longues mèches de jais recouvrir le visage aux traits réguliers et bouleversés.
Je me le suis enfin avouer... je le désir ! Ce n'est pas pour Fuyuki que je l'ai fait rechercher par un détective... Ma fille n'a été qu'un prétexte. Des que j'ai rencontré ses grands yeux verts... ce jour là, où j'avais l'impression que m'a vie s'écroulait, je suis tombé amoureux de lui. Non seulement ça mais je le voulais... ou plutôt, je voulais qu'il me possède... Il se dégageait de lui une force que je n'avais pas. Moi, je me cache derrière une apparence d'homme stable et propre sur lui... Masao semblait fragile et pourtant, il sentait en lui la puissance d'un roc. Mais de là à passer de l'autre côté ? Le pas n'était pas prêt d'être franchis... Et puis, j'avais peur de confondre reconnaissance et amour... Est-ce que je me trompais encore ?
°°0°0°°
Lentement, Masao se leva le lendemain matin. Il éteignit son radio réveil dont le cri strident jouait avec ses nerfs. Le jeune homme se leva difficilement et mis quelques minutes avant de se rendre dans la salle de bains avec quelques affaires propres. La chose à laquelle le jeune homme n'avait pas pensé, c'est qu'il devait être le premier debout... pour préparer, le petit déjeuner de Fuyuki et Nanashi. Ce dernier se levait de bonne heure et puis... il devait préparer également la petite. Surveiller qu'elle soit correctement lavée, habillée, les affaires scolaires prêtes.
Après une douche rapide et s'être habillé à la hâte. Il mit un pantacourt noir, un T.Shirt moulant avec un col en V noir et une paire de sandale. Une chaîne en or brillait autour de son cou avec une croix du même métal, dernier vestige de l'affection de sa mère. Le jeune homme se précipita hors de son appartement pour fondre dans la cuisine. Il sortit une préparation qu'il avait concoctée la veille à base de fruits. Puis, il se mit à sortir ses ustensiles pour préparer une omelette et des toasts. Une soupe miso et légumes cuits. Le café émettait un doux bruit en tombant dans le réceptacle qui le gardait au chaud. Une douce odeur se répandit dans l'appartement, signe que bientôt ce dernier serait alimenté par les cris de Fuyuki et le grognement de Nanashi qui n'était absolument pas du matin.
D'ailleurs ce dernier entra dans la pièce et salua le regard embué le jeune homme.
- 'jour...
Ses yeux mi-clos ne laissaient même pas percevoir la couleur de son regard. Une longue natte nouait les cheveux ébène. Sa veste de pyjama était entrouverte et laissait voir un corps finement musclé et dépourvu de graisse.
- Bonjour Rei-san... Souhaitez-vous un café pour commencer ?
- Haï...
Sa voix n'était qu'un murmure, comme s'il avait bu d'un quelconque alcool à se rendre malade le lendemain. Masao ne dit rien, et compatis sincèrement au mal de crâne de son patron. Il plaça une tasse devant lui et versa le liquide brûlant. Nanashi leva ses yeux vers lui et son regard s'arrêta à son crucifix.
- Etes-vous chrétien ?
- Haï... Cela pose t'il un problème ? Demanda anxieux le jeune homme.
- Non aucun... c'est juste surprenant d'en rencontrer ici...
Masao se redressa et se retourna à ses fourneaux. Pour ensuite, se diriger vers la sortie de l'appartement. Quelques minutes plus tard, le journal du matin trônait sur la table. Impassible, le jeune homme continua sa tâche sous les yeux scrutateurs de Nanashi qui finit par abandonner son observation de peur de trahir ses sentiments. Masao quitta la cuisine à nouveau et partit réveiller Fuyuki.
- Tu as une dizaine de minutes pour te réveiller...
- Je veux pas me lever !
- Tu as oublié qu'aujourd'hui on prenait le bus ?
- C'est vrai !
La petite blonde se redressa comme un ressort et rejeta violemment ses couvertures pour bondir dans la salle de bain.
- Je veux de l'omelette et des fruits... tu as dis que tu m'en ferais... et.. et...
- J'ai préparé ton bento pour ce midi. Cet après-midi en sortant de l'école, je prendrais un panier et nous irons au parc pique-niquez, tu veux ?
- Ouaih !
- C'est ta dernière journée on va en profiter...
Masao regagna la cuisine et finit de décorer la boite de Fuyuki. Il débarrassa rapidement le plan de travail et vérifia si la petite fille avait toutes ces affaires. Nanashi observa à nouveau le jeune homme. Il prenait très à cœur son travail et franchement, il avait dégotté une perle... en dehors du fait qu'il en était tombé amoureux. Il mordit dans un toast songeur. Pourquoi ce genre de situation n'arrivait qu'à lui ? Toutes les femmes qui ont occupé ce poste, ont voulu lui sauter dessus pour devenir Madame Rei et le seul homme qui se présentait était certes gay, mais paraissaient indifférent à son charme et ne le voyait que dans un cadre strictement professionnel. La vie était mal fichue !
Nanashi se mit à réfléchir pour faire tomber le jeune homme... il devait être amoureux de lui, où il mourrait ou pire, finirait par se jeter sauvagement sur lui. Ce matin... il dégageait... un charme sexy qui accaparait toute son attention. Entre ses larges épaules, son ventre plat, ses fesses rondes et musclées, ses longues jambes... putain ! Il allait finir par le violer ! Qu'est ce qu'il lui avait fait ?
Masao sursauta alors qu'il rangeait la boite à bento dans le sac de Fuyuki. Nanashi le foudroya du regard au passage et quitta la pièce. Qu'avait-il fait ? Il n'eut pas le temps de se poser d'autres questions, Fuyuki entra en pleine forme et tomba dans les bras de Masao.
- Alors...
- Ton petit déjeuner est prêt installe-toi ! Tu t'es lavé correctement ?
- Yes sir !
Fukuki exécuta un salut militaire accompagné d'une mine renfrognée à souhait. Masao lui adressa un clin d'œil et lui servit son déjeuner. La petite mangea avec entrain et commenta la journée qui s'annonçait merveilleuse pour elle. L'enfant imposa ces choix quant à son goûter et bientôt la conversation dériva sur les vacances d'été... Fuyuki était ravie... Masao resterait avec elle tout le mois d'août. Son père partirait dans une semaine pour New York et il ne pouvait pas la prendre avec lui. Nanashi lui avait promis quelques jours dans les îles pour les prochaines vacances. Mais Fuyuki s'en moquait, elle avait Masao pour elle toute seule.
Nanashi passa la tête à la porte toujours aussi grognon et marmonna :
- J'y vais... je rentrerai cet après-midi...
- Papa et mon bisou...
La petite fonça vers lui et le mannequin accueillis chaleureusement Fuyuki. Masao se demandait ce qu'il avait bien pu faire pour provoquer une telle contrariété chez son employeur. Il ne se comportait plus comme la veille. Il semblait sombre et le regardait mécontent. Cette question le turlupina mais finalement, le brun quitta les lieux sans un regard.
- Quelque chose ne vas pas avec papa ? Demanda la gamine.
- Non...
- Tu t'es fâché avec lui ?
- Non...
- Il est bizarre alors ! Je lui poserai la question !
Je protestais mais il était évident que Fuyuki n'en ferait qu'à sa tête. Une demi-heure plus tard nous nous retrouvions devant son école. Je constatais rapidement que j'étais devenu le centre d'attention de toutes les mères de famille. Mais je n'accordais d'attention qu'à l'enfant dont j'avais la charge. A peine quitta t'elle d'ailleurs l'entrée de l'école que je fus assaillis de questions plus ou moins discrètes. Je répondis avec une extrême courtoisie sans toutefois en dire trop.
Et sans vraiment m'en rendre compte, je devins la coqueluche des mères aux foyers qui voyait en moi l'homme au foyer qu'elles aimeraient jalousement avoir chez elles. Je m'excusais et je sortis alors la liste des courses et je me dirigeais rapidement vers le combini se trouvant non loin de l'école. Ensuite, je pris la direction du marché. Sans hésitation, j'achetais mes légumes, mon poisson et quelques fruits. Je rentrais tranquillement vers l'appartement lorsque mon portable sonna.
- Masao Ishihara...
- Masao-kun... Rei-san...
- Haï...
- Que faites-vous... j'ai essayé de vous contacter à l'appartement...
- Je fais le marché et j'ai acheté du matériel au combini près de l'école. Fuyuki est moi avons des projets de pique-nique cet après-midi
- Oh... j'aurai aimé y être également...
Masao cru mal avoir entendu et s'arrêta quelques instants surpris par une telle déclaration.
- Je voulais vous avertir que je ne rentrerai pas ce soir.
Le jeune homme resta un instant silencieux.
- Vous êtes là Masao-kun ?
- Oui... oui pardon... Très bien... Dois-je quand même vous préparer quelque chose ?
- Non... merci ! Ne m'attendez pas.
- Très bien.
Nanashi raccrocha quelques secondes plus tard et le jeune homme resta un peu perplexe par le ton utilisé par son employeur. Finalement, il haussa les épaules et remonta tranquillement la rue. Le jeune homme salua chaleureusement quelques employés qui répondirent à son salut. Masao était assez content. Au départ, ces derniers étaient surpris et le regardaient plus qu'ils ne répondaient et en quelques jours, tous venaient le saluer chaleureusement. Le jeune homme passa son temps à répondre au téléphone et noter les messages de Nanashi. Il était devenu sans le vouloir le "secrétaire" de son employeur durant son absence. Il finit de préparer les petites mignardises et commença le repas du soir. Il aurait ainsi plus de temps à consacrer à Fuyuki pour ces devoirs.
Le temps s'écoula rapidement, comme si ce dernier se jouait de ceux qui en avaient peu pour effectuer toutes leurs besognes. Masao ouvrit les yeux horrifiés lorsque son regard tomba sur l'horloge qui offrait le doux tic-tac régulier et trompeur de la lenteur. En quelques secondes, le sac fut prêt et il se précipita pour rejoindre la petite fille blonde qui ne manquerait pas de lui faire remarquer son retard.
Comme prévu, Fuyuki le regardait avec une mine contrariée.
- Tu es en retard...
- Excuse-moi... J'étais plongé dans les préparatifs du repas de ce soir... et je n'ai pas vu l'heure. Gomen nasai*...
- Pour cette fois, je t'excuse...
Puis prenant un regard espiègle
- Dis... tu as fait des gâteaux pour le parc ?
- Hum... voyons voir ce que nous avons dans notre panier...
Masao fit semblant d'ouvrir le sac pour le refermer au nez de la blonde et déclarer gravement :
- Il serait préférable de l'ouvrir à notre lieu de rendez-vous...
- Rendez-vous ?
Fuyuki ouvrit de grands yeux. Masao eu presque l'impression qu'ils étaient remplis d'étoiles. La lueur qui les faisait luire avec intensité, confirmait l'excitation apparente de l'enfant.
- Allez ! On y va...
Le brun eut un sourire séducteur et le couple se rendit au parc verdoyant non loin, ou quelques promeneurs déambulaient dans les allées. Ils rencontrèrent quelques pic-niquers et bientôt Masao trouva une place ombragée.
- Je veux être au soleil...
- Pour manger, tu resteras à l'ombre... après, si tu veux te défouler au soleil rien ne t'en empêche...
D'abord boudeuse, la blonde sautilla autour du jeune homme quand elle vit la mosaïque de couleurs et la diversité des petits gâteaux.
- Masao... Masao... tu es...
- Formidable ? Répondit moqueur le brun.
Le jeune homme s'était appuyé le dos contre un arbre et les jambes relevées devant lui. Ses avant-bras reposaient sur ces genoux dans une attitude décontractée.
- Nan !
La petite s'était assise en face de lui en seiza et semblait envoûtée par le choix qui lui était offert.
- Alors quoi ?
- Hum... laisse moi réfléchir...
Fuyuki posa un doigt sur ces lèvres et plissa les yeux comme si elle faisait un effort surhumain pour trouver le mot le plus approprié de son vocabulaire.
- Super-méga-archi-dément de super, super formidable !
Masao éclata de rire et décréta :
- Mange !
Le jeune homme sortit des petites bouteilles d'eaux et ils trinquèrent à leur bonne fortune. Une quizaine de minutes plus tard, Fuyuki retrouvait une de ses copines d'école et elles bondissaient partout sur la pelouse. La mère de la petite vint le rejoindre et ils discutèrent plaisamment. Une heure plus tard, le couple remonta vers l'appartement la petite avait une tresse de fleurs de trèfles sur la tête.
Bien plus tard, Masao finissait la vaisselle et Fuyuki apparue en pyjama.
- Masao-chan... je vais me coucher...
- J'arrive...
- Tu me lis une histoire ?
- Laquelle ?
- Hum... la petite sirène...
- Ah oui ?
- J'aime bien l'histoire... car, Arielle elle parle avec les poissons !
- Et tu veux en devenir un ? Ça ne m'étonnerait pas, vu le temps que tu passes dans ton bain...
- "Je suis un petit poisson, perdu tout au fond... Qui viendra me sauver...* "
- File... où je vais venir te manger...
- Baka... c'est les ogres qui disent ça !
Masao prit un air féroce et hurla
- Prend garde à toi... ici, tu es sur mon territoire... jeune imprudente...
La petite s'enfuit les jambes à son cou, le jeune homme sur ces traces imitant de la manière la plus convaincante un horrible monstre. Les cris étaient entrecoupés de d'éclat de rire. Mais tout fut interrompu par un claquement de porte violent à l'entrée. Surpris Masao et Fuyuki se regardèrent puis tournèrent la tête, penaud vers Nanashi qui avait une expression furieuse sur le visage. Ces yeux argent ressemblaient à du mercure et Masao eut un frisson glacé qui le traversa. L'homme devant lui essayait de contenir sa colère mais les poings serrés convulsivement, la raideur du corps élancé, la veine qui palpitait sur le coin de la tempe... n'invitait pas à la conversation de salon.
- Masao-kun... si on m'appelle, je ne suis pas là... Et faites-moi à manger.
- Papa ? Demanda timidement la blonde.
Les grands yeux bleus exprimaient de la détresse et Nanashi se reprit immédiatement. Il posa un genoux à terre et ouvrit les bras.
- Je suis désolé ma puce... Je ne voulais pas te faire peur...
Masao quitta la pièce et se dirigea vers la cuisine. Laissant le père et la fille seuls. Le jeune homme songea qu'il avait bien fait d'en faire un peu plus au cas où. Lorsque Nanashi le rejoignit à la cuisine quelques minutes plus tard... ce dernier paraissait beaucoup plus calme.
- Je m'excuse pour tout à l'heure. Je vais prendre un plateau et je vais manger dans mon bureau...
- Je vous l'apporte ?
- Non... merci !
Le ton avait été sec et le mannequin se rattrapa sur sa formule de politesse. Leurs yeux se rencontrèrent et Masao retint sa respiration instinctivement. L'expression de l'homme devant lui était troublante, voir sensuelle et le jeune homme ne s'y attendait pas. Cela dura à peine quelques secondes pour ensuite voir les traits du brun se modifier et devenir lointain voir inaccessibles.
Masao se détourna un peu rapidement et prépara le plateau de telle sorte que le repas soit présentable et donne une impression d'harmonie. Lorsqu'il voulut prendre ce dernier les mains de Nanashi firent le même mouvement et leurs doigts se frôlèrent. Masao retira les siens un peu brutalement surpris par ce contact inattendu. Les yeux argent reflétèrent un instant une blessure mais Masao n'en était pas sur. Que se passait-il ? Nanashi avait un comportement des plus incompréhensibles ces derniers temps pour le jeune homme. De plus, la proximité du mannequin ne l'aidait pas beaucoup à voir sereinement, ce qui pouvait provoquer ces réactions. Quoiqu'il ne le connaissait pas assez pour juger non plus.
Avec un peu moins de précipitation, Masao se redressa et s'excusa. Nanashi secoua la tête et souffla :
- C'est moi...
L'homme prit son plateau et quitta la pièce sans un regard. Masao resta figé, comme cloué au sol par ce qui venait de se produire. Son cœur avait prit un rythme désordonné et il ne savait plus que penser. S'il s'agissait d'une autre personne que Nanashi, il en aurait déduit que ce dernier était intéressé par lui... Soudain, l'image de la bouche entrouverte de son patron lui revint en tête, le souffle sur sa peau... ils avaient été à quelques centimètres l'un de l'autre. Ils auraient pu... s'embrasser... juste quelques centimètres. Inconsciemment, le jeune homme porta un doigt sur sa bouche. Quel goût avait les baisers de Nanashi ? Qu'elle saveur aurait sa peau sous la caresse de ses lèvres ? Masao se repris et se reprocha sa trop grande imagination et surtout de prendre ses rêves pour des réalités ! A sa connaissance, ce type ne sortait qu'avec des femmes et même de très belles femmes...
Le jeune homme quitta la cuisine après avoir débarrassé et s'interdisant tout fantasme. Une fois dans son appartement, il resta pensif le dos coller au vantail. Et si... et si... il ne se faisait pas d'idée et si effectivement, Nanashi Rei le désirait ? Que ferait-il ? Son corps se mit à trembler à cette simple idée. Son corps fut traverser par un frisson d'excitation et la simple idée de tenir dans ces bras le mannequin qui le faisait fantasmer depuis toute ces années... le vivifiait et l'effrayait à la fois. Puis, sa raison revint sur le devant de la scène et le jeune homme alla se prendre une douche froide pour calmer ses ardeurs... Il n'était pas la pour la bagatelle mais pour Fuyuki...