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Masao s'occupait comme tous les jours maintenant de la petite Fuyuki. Si ce n'est qu'il se sentait confus. Ses émotions prenaient peu à peu le pas sur sa raison et depuis trois nuits, il ne dormait presque plus. La cause de son tourment ? Rei Nanashi... Ce dernier se comportait avec lui depuis ce fameux soir où leurs doigts s'étaient effleurés, de façon obscure. Tout d'abord, il était plus présent dans l'appartement qu'il ne l'était au départ. Il jouait avec Fuyuki et se promenait avec elle, tout en demandant à Masao de les accompagner. Le jeune homme s'occupait généralement de la logistique des sorties.

 

Ce qui commençait à le préoccuper le plus, c'était la manière dont le scrutait depuis quatre jours le mannequin. De plus, il venait le voir sans raison, l'observant longuement sans un mot. Même lorsque Fuyuki était là, ses yeux s'attardaient sur lui. Le jeune homme se demanda brutalement, s'il devait aller le voir pour lui demander de plus ample explication... Pourquoi ? Il se demanda comment il devait réagir face à un tel comportement... S'il était en situation normale, il aurait su quoi faire... mais là ?

 

C'est avec angoisse presque, que le jeune homme gagna son domaine qu'était devenue la cuisine. Masao s'était penché en avant, les avants-bras reposant sur le plan de travail et une jambe repliée sur l'autre. Nanashi l'avait prévenu qu'il devait faire un repas pour plusieurs personnes, puisqu'il organisait une petite réception impromptue avant son départ le lendemain pour New-York. Le jeune homme avait protesté, jamais il n'avait cuisiné pour dix personnes et ses compétences culinaires n'étaient pas celle d'un chef. Nanashi avait refusé d'entendre raison. Pour lui faciliter la tâche, le mannequin avait embarqué sa fille dans un parc d'attraction.

 

Fuyuki était boudeuse en quittant l'appartement. Elle aurait voulu que sa "nounou" les suive, mais son père s'était montré inflexible. Donc, Masao passa son après-midi en préparation plus ou moins élaboré. Pour s'aider, il commanda toutefois, un assortiment apéritif auprès du traiteur du coin. Il ne pouvait pas tout faire en si peu de temps et à l'improviste. Une fois que son repas fut lancé, Masao partit à la découverte de la vaisselle et du matériel mis à disposition pour recevoir. Nanashi avait eu la bonne idée de lui montrer en partant. Et il ne sut si c'était une illusion où pas, mais une main vain caresser ses fesses. Le contact avait été bref et à peine perceptible, si bien qu'il s'imagina avoir été frôlé.

 

A cette simple évocation, le jeune homme déglutit quelque peu avec difficulté. Sa réaction à ce moment là, avait été de jeter un regard de biais vers son patron qui le sondait du regard.

 

- Quelque chose vous dérange ?

- N... on...

- Alors pourquoi me regardez-vous ainsi ?

- Gomen...

 

Masao s'était sentit honteux. Ne sachant plus quel comportement il devait adopter. En y songeant, le jeune homme commençait à se sentir exaspéré. Peut-être se faisait-il des idées, mais il n'aimait pas beaucoup le comportement de Nanashi. Si s'était pour se moquer de lui, la plaisanterie allait trop loin.

 

Lorsque le mannequin entra avec sa fille, les plats étaient en bonne voie. La table avait été dressé et Masao s'était laissé aller à commander quelques fleurs pour décorer le centre de table. Fuyuki ne put s'empêcher d'être admirative.

 

- Moi aussi je vais manger avec vous ?

- Toi... jeune fille... tu seras au fond de ton lit !

- C'est pas juste...

- Je sais... le monde est cruel. Allez, va jouer...

 

La petite blonde se dirigea vers la cuisine et vint rejoindre Masao. Toutefois, voyant l'air soucieux et contrarié de sa "nounou", elle se plaqua contre un mur et l'interrogea :

 

- Tu ne vas pas bien ?

- Je suis inquiet...

- Pourquoi ?

- Parce ce que je n'ai jamais fait cela de ma vie.

 

Le froncement de sourcil du jeune homme s'accentua. Nanashi entra dans la pièce à son tour et constata la mine renfrognée de son employé. Il se doutait bien de la raison qui amenait ce mécontentement, vu les protestations émises par le jeune homme plus tôt. Mais il souhaitait mettre Masao à l'épreuve. Le regard noir que lui lança ce dernier le laissèrent perplexe. Pourquoi le prenait-il aussi mal d'ailleurs ? Ce n'était qu'un simple repas après tout.

 

- Tout sera prêt ?

- Je ne sais pas...

 

Masao continua son balai à l'intérieur de la cuisine en ignorant superbement le père et la fille. Nanashi versa à boire à Fuyuki et lui servit son repas. L'odeur dans la cuisine était alléchante et l'estomac du mannequin cria famine. Toutefois, l'employé était tellement occupé aux fourneaux qu'il n'entendit strictement rien. Fuyuki tira sur la chemise du jeune homme :

 

- Masao-chan... je peux avoir un bisous ?

 

Le jeune homme se tourna surpris et voyant la mine de cockers de la petite se pencha confus et la prit dans ses bras. Nanashi qui observait la scène songea que sa fille avait vraiment beaucoup de chance. Il se demanda, si Masao aurait les mêmes gestes, s'il s'était agit de lui ?

 

- Je suis désolée, je suis tellement occupé ici que je t'ai oublié... je suis impardonnable ! Si tu veux on s'organisera une sortie tous les deux...

- C'est vrai ?

- Un cinéma... j'ai vu un film intéressant... si tu v...

- Youpi ! Ouaih... Quand ? Demain ? Mais et papa...

- J'ai pas l'impression que je vais beaucoup te manquer... tu as boudé tout l'après-midi avec moi. Et tu as plus ravi de sortir avec Masao qu'avec ton propre père !

 

Nanashi arborait une mine boudeuse. Masao s'abstint de se moquer et se mordilla la lèvre inférieure avec nervosité. Cette scène était inattendu et assez drôle. Le père avait croisé les bras dans une attitude défensive, sa fille l'observait comme une adulte qui réprimandait son enfant

 

- Fait pas l'enfant papa... toi, t'es mon père... c'est pas pareil. Tu seras toujours là... alors que Masao...

 

Le jeune homme accusa le coup, mais ne laissa rien paraître et se remis à ses fourneaux, n'écoutant même pas les explications de Nanashi. Masao reprit conscience que sa place ne durerait pas éternellement. Il songea à sa prochaine reconversion et se dit qu'elle arriverait peut-être plus tôt que prévu. Cette simple idée lui arrachait le cœur. Il se sentait tellement bien dans cette maison, qu'il s'imaginait pas quitter les lieux. Pourtant, il devait ne pas trop s'attacher au lieu.

 

°°0°0°°

 

 

Masao circulait autour de la table avec aisance. Son travail en tant que serveur l'aidait. Il n'aurait pas imaginé cela et pourtant... La table était composée de personnalité prestigieuse du petit écran et du monde de la mode. La conversation pour le peu qu'il entendait quelque chose tournait sur des sujets tel que la littérature, la mode, le cinéma et des projets d'émissions pour le petit écran. Nanashi semblait à son aise et brillait littéralement à table. Masao aurait pu être éblouis mais il se força à rester professionnel et concentra son esprit sur son service et sur le repas qui à sa surprise remporta un vif succès.

 

Masao se rendit compte qu'Amane Nishimura la présentatrice phare d'une émission de divertissement avait accaparé toute l'attention de Nanashi. Elle était très en beauté... le petit écran ne lui rendait pas justice reconnu le jeune homme. Essayant de garder un air imperturbable, le jeune homme ne vit pas le regard discret que lui lançait Nanashi conscient de sa mauvaise humeur. Le mannequin se rendit compte qu'il arrivait à interprété chacune des expressions minimalistes de son employé. Ses convives ne se tarissait pas d'éloge sur cette perle. Mais Nanashi avait vu la lueur dans les yeux verts. Ainsi Masao était jaloux ? Tant mieux... songea l'homme intérieurement.

 

Masao partit enfin s'effondrer dans la cuisine. Il avait servi le thé et le café de chacun et il ne lui restait plus qu'à débarrasser la cuisine. Il eut une légère grimace en voyant tout le travail qu'il lui restait à accomplir. Le lendemain, il n'aurait pas beaucoup de temps pour s'occuper de tout cela avec le départ de Nanashi. Il souleva avec son petit doigt la manche de sa chemise et regarda sa montre, 1h 25 du matin. Merde ! Il devait se dépêcher, s'il voulait dormir un tant soit peu.

 

Il emballa les restes dans des sachets sous vide ou plaça un film par dessus les plats. Masao vida ensuite les restes des assiettes dans la poubelle, il ouvrit le lave-vaisselle et remercia le Seigneur pour avoir permis à un génial inventeur d'avoir eu l'idée de cette merveille de technologie. Il nettoya la table. Le jeune homme observa la montre murale, 2 h 10. Il grimaça, il songea qu'il n'avait plus beaucoup de temps et finit de laver tout de même les derniers plats qui n'avaient pas pu finir dans le lave-vaisselle.

 

Quand deux bras puissants vinrent l'enlacer. Cela le surpris tellement, qu'il lâcha ce qu'il tenait et qui émit un bruit mouillé dans le bac de l'évier. Le souffle chaud qui parcourait la peau nue de sa nuque et le lobe de son oreille, le firent sursauter. Et lorsque qu'une bouche vint déposer des baisers tendres sur le haut de sa mâchoire, le jeune homme se mit à trembler. L'étreinte qui le tenait se resserra et le corps derrière lui se plaqua contre le sien. La voix traînante et chaude de Nanashi murmura :

 

- Tu as été mon obsession toute la soirée...

- M...moi ?

 

Masao en resta interdit. Quelque chose clochait dans le scénario. C'était lui qui aurait du dire cette réplique et pas l'inverse. Lui qui avait envie de tenir dans ses bras cet homme sexy en diable et qui obsédait ses nuits depuis deux ou trois ans... il ne savait plus.

 

- Oui... toi... Tu es rentré dans ma vie comme un ouragan. Tu bouleverses tout ce en quoi je croyais. Masao...

 

Le jeune homme se sentit retourner et il se laissa faire, il voulait voir de lui-même le visage de Nanashi. Voir que cet homme ne se moquait pas de lui. Lorsqu'il croisa les yeux argent qui ressemblait tellement à du mercure en fusion, la passion qu'il lisait à l'intérieur le sidéra.

 

- Tu as beau te cacher sous un masque ou te composer un visage indifférent, à force de t'observer, je sais lire en toi comme dans un livre ouvert...

 

Ils étaient trop proche... au goût de Masao qui perdait pied. L'odeur enivrante de Nanashi le perturbait, sa chaleur, son visage, sa bouche entrouverte et... il oublia tout. Les lèvres du mannequin avait glissé sur les siennes et l'étreinte qui s'était relâchée quelques minutes plus tôt se resserra et complètement embrouillé par ce qui lui arrivait, Masao répondit tout d'abord avec hésitation. Mais quand la langue de Nanashi chercha la sienne, n'y tenant plus de ce désir qui le tenaillait depuis tant d'années, le jeune homme posa ses bras autour du cou du mannequin et répondit avec autant de passion que lui.

 

Nanashi exaspéré au cours de la soirée, ne voyant que Masao et ayant gagné de l'assurance grâce à l'alcool, voulait posséder le jeune homme. Les lèvres de son employé avait le goût du fruit défendu, celui de l'ivresse et de la volupté. Le mannequin plaqua le corps du plus jeune contre le plan de travail derrière lui et fit glisser ses mains sous la chemise qui maintenant débordait du pantalon. La peau nue réagit immédiatement en frissonnant au contact de ses doigts qui la palpait avec amour et attention.

 

Leurs bouches se séparaient pour mieux se reprendre, un filet de salive les reliait, leurs soufflent s'accéléraient et plus aucunes pensées cohérentes ne venaient effleurer leurs esprits, si ce n'est un claquement sec derrière eux qui les clouèrent au sol. Masao rencontra les yeux de Nanashi qui exprimait la même interrogation que la sienne. Voyant qu'ils avaient entendu le même bruit. Ils s'exprimèrent en même temps dans un souffle :

 

- Fuyuki...

 

Nanashi se détourna et se dirigea vers la porte et ne découvrit personne derrière. Masao était descendu brutalement de son nuage. Il observait le dos de Nanashi qui tourna son visage après avoir vérifier le derrière de la porte.

 

- Elle n'est pas là !

- Pourtant... nous avons entendu tous les deux...

- Viens !

 

Nanashi tendit une main vers Masao. Troublé le jeune homme secoua la tête et Nanashi comprit qu'il ne tirerai plus rien du jeune homme. Il soupira légèrement et partit exaspéré. Toutefois, il sentit la présence de son employé derrière lui et cela le soulagea au plus profond de lui. Même s'il s'était braqué... il ne l'ignorerait pas. Arrivé devant la chambre de la petite, la lumière du couloir éclaira la chambre suffisamment pour les laisser entrevoir le petit corps endormi.

 

Nanashi se redressa et Masao se recula.

 

- Nous avons du rêver...

- Certainement... c'est la seule explication...

 

Masao n'y croyait pas trop. Mal à l'aise par la situation, il quitta les lieux pour se diriger vers son appartement. Une main s'abattit sur son épaule au moment où il pensait enfin avoir atteint ses quartiers. Un souffle chaud caressa sa nuque :

 

- Pourquoi tu me fuis ?

- Je ne fuis pas...

- Ah non ? Alo...

- Quoi ?

 

Masao se tourna brutalement et vit le visage troublé de Nanashi. Le jeune homme se mordilla la lèvre inférieure et regretta son ton revêche. Il reprit plus doucement :

 

- Vous pensiez que j'allais bondir de joie ?

- Tu n'étais pas indifférent et il y aurait eu plus si nous n'avions pas été interrompu...

- C'est un jeu ? Vous me demandez de respecter votre espace personnel, que je reste à ma place et vous, vous brisez vos propres règles. Que se passera t'il pour Fuyuki ? Quand vous ne voudrez plus de moi ? Je.. je n'ai pas envie de...

 

Masao se tut brutalement. Nanashi scruta le visage si impassible généralement. Les yeux verts s'étaient enflammés, le corps tendu et le poing tendu en avant près à se battre, le jeune homme fit tomber sa main le long de son corps. Une expression lasse passa sur le visage de Masao.

 

- Excusez-moi... je dois partir dormir. Demain, je me lève de bonne heure et... je n'ai pas envie de discuter de cela à...2h30 !

- Très bien...

 

Nanashi prit sur lui et tendit sa main et fit glisser entre ses doigts une mèche brune mi-longue dans le cou

 

- Mais, je n'en resterai pas là... nous en discuterons à mon retour !

 

Masao haussa un sourcil et déclara :

 

- Il faut être deux dans une discussion...

- C'est vrai ! Mais vivant tous les deux sous le même toit et ayant le même désir l'un pour l'autre... Je nous vois mal continuer en nous ignorant !

 

Masao resta un instant figé, puis se tournant vers son patron sous le coup d'une forte émotion.

 

- Si vous voulez discuter avec moi de ce genre de relation, sachez que se sera sur un pied d'égalité et non de patron à employer.

 

Le jeune homme s'approcha et releva légèrement la tête pour scruter le visage où un léger sourire venait d'apparaître...

 

- Et avant tout pensez à votre fille et pensez... à ma position ! Je ne vous laisserez pas faire n'importe quoi avec ma vie ! Pour une fois que j'ai la chance de pouvoir faire quelque chose que j'aime... je ne suis pas sur de vouloir tout effacer pour une bagatelle qui n'a aucun avenir.

- J'y songe depuis quelques temps... et comment savoir si une relation peut-être sérieuse si elle ne démarre pas ?

 

Nanashi était troublé une fois par la proximité du brun qui se tenait devant lui. Ses hésitations et sa façon pragmatique de voir les choses le touchait au plus profond de lui-même. Il n'avait jamais osé proposer une relation sans lendemain à qui que se soit... et là... Le mannequin posa un regard plus froid soudainement sur son employé et murmura entre ses dents :

 

- Nous verrons tout cela à mon retour... mais au moins, essaye dans ta tête d'envisager une relation un peu plus qu'une nuit dans un lit ! Si c'était ce que tu avais connu précédemment cela n'a jamais été mon cas !

- Savez-vous ce qu'est une relation avec un homme ?

 

Nanashi qui avait tourné les talons, s'arrêta net et fit pivoter légèrement son visage pour jeter au dessus de son épaule :

 

- Non... se sera ma première fois ! Mais comment pourrais-je savoir si cela ne peut pas me convenir, si je n'essaye pas ! De toute façon... que je le veuille ou pas... il semble que je n'ai pas trop le choix...

 

Masao resta seul dans le couloir se demandant ce que Nanashi voulait dire par là. Le jeune homme rougit, blêmit se... se pouvait-il que son patron ait des... sentiments ? Non... impossible... il fallait qu'il arrête de rêver. Le jeune homme quitta finalement le couloir pour s'enfermer dans sa chambre le cerveau en ébullition. Il s'installa sur son lit et posa ses coudes sur ses genoux. Il enfouis sa tête dans ses mains. Cette situation était tout bonnement impossible. Jamais en prenant cette place, il n'avait songé un seul instant que Nanashi pourrait vouloir entretenir une quelconque liaison avec lui. Pourtant...

 

Ses souvenirs remontaient en vague et une certaine chaleur circula dans ses veines en pensant aux baisers qu'ils avaient échangé. La proximité de leurs deux corps, ses sens aiguisés par la faim qui le tenaillait depuis qu'il s'était approché du mannequin, la passion qui l'avait dévoré des que leurs bouches s'étaient offertes l'une à l'autre... Le sérieux de Nanashi quant à sa proposition et il avait l'air de tenir beaucoup à un entretien sur la question... se pourrait-il qu'il veuille vraiment établir une relation sérieuse avec lui ?

 

Masao se pencha et alluma son radio-réveil. Il devait se reposer et voir tout cela à tête reposée le lendemain. Il n'avait pas envie de se prendre la tête à une heure pareil. De toute façon, il laisserait les événements se succéder et il agirait en fonction d'eux... mais lui dans tout cela que désirait-il réellement ? Le jeune homme se recroquevilla sous les couvertures et il comprit abruptement qu'il avait envie de vivre cette relation. Qu'il avait envie de Nanashi de toutes ses forces, qu'il voulait croire aux sentiments du mannequin pour lui. Mais devait-il s'emballer pour autant aussi vite ? Epuisé par sa journée qui fut relativement longue, agité et assez inattendu émotionnellement, le jeune homme s'endormit pour rêver de deux prunelles argent emplie de passion et de lèvres sensuelles qui parcouraient son corps.

 

°°0°0°°

 

 

Masao tenait la main de Fuyuki dans l'aire d'embarquement de l'aéroport. Nanashi se retourna une dernière fois vers sa fille et lui adressa un grand sourire et un signe de la main. Les yeux argent glissèrent vers Masao et malgré la distance, le jeune homme ressentit toute la tension que son propriétaire lui adressait. La main de Fuyuki resserra son étreinte autour des doigts de Masao qui baissa son regard vers la petite blonde qui ne bougeait absolument pas.

 

- Tu veux rest...

- Je veux rentrer !

 

Le ton de la petite fille l'inquiéta. Déjà depuis qu'elle s'était levée, elle s'était montrée boudeuse. Masao était sur d'avoir vu son regard bleu glisser de l'un à l'autre alors qu'elle pensait ne pas être observée. Ce qui confirma les soupçons du jeune homme qui était persuadé que la petite avait surpris l'étreinte qu'il avait échangé avec Nanashi.

 

- Tu veux faire quelque chose en particulier aujourd'hui ?

- Tu ne m'avais pas promis un rendez-vous au cinéma ?

- Bien sur... Que dirais-tu d'aller manger un morceau dans un fast-food avant ?

- Ok... je veux bien...

 

Masao donna l'adresse au taxi et lorsqu'ils furent sur le trottoir animé des quartiers de Shibuya, Masao dégota un restaurant rapide où ils se goinfrèrent de nourritures poubelles. La petite suivie ensuite le jeune homme dans un complexe cinéma, ce qui inquiéta Masao était que Fuyuki ne souriait pas. Elle semblait plutôt préoccupée même si elle soutenait la conversation sans se faire prier.

 

Au moment, où ils s'installèrent dans leurs fauteuils, la voix de la Fuyuki le glaça :

 

- Je vous ai vu... toi et papa hier...

 

Le jeune homme fut incapable de lui répondre, d'ailleurs elle continua... elle ne paraissait pas attendre une réponse de sa part. C'était plus une information énoncée :

 

- Je ne veux pas que toi et papa... ça ne se peut pas ! Vous êtes des hommes tous les deux ! Et puis... et puis, tu n'appartiens qu'à moi... Comment... Tu n'es qu'un employé et papa t'as embauché pour t'occuper de moi. Alors, je ne te laisserai pas faire ! Tu resteras ma nounou. Pour une fois que je suis tombée... que papa n'a pas envie de changer... je pensais... que tu ne voudrais pas de papa...

 

La petite semblait sur le point de s'effondrer mais elle se reprit courageusement et elle tourna la tête calmement vers Masao :

 

- Donc... sache que je ferai tout pour que tu ne restes qu'à moi et uniquement à moi Masao-chan !

 

Le jeune homme sentit un pain glacé descendre le long de sa colonne vertébrale. Voilà qui résolvait pour lui et Nanashi le problème de leur future relation. Il était persuadé que le mannequin n'irait pas contre les désirs de sa fille. Masao fut incapable de suivre un traître mot du film... son esprit monopolisé et tourmenté par l'idée qu'il n'avait pas eu le temps d'avoir une ébauche de flirt. Il le regretta... Il se rendit compte une nouvelle fois qu'il aurait du prendre la vie et ce qu'elle lui offrait que de se torturer les neurones avec des problèmes existentielles.



 




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