
Nanashi ne dormit pas beaucoup cette nuit-là. En fait, il se sentait tellement agité qu'il avait finit dans la cuisine pour se prendre une bière. Tout était tellement bien rangé et pourtant, elle n'était plus tout à fait comme « avant ». Ça et là, des touches de la présence de Masao se distinguaient. Une boule serra sa gorge en songeant à la manière dont il avait quitté son amant. Mais s'il était resté, il n'était pas très sur de pouvoir se détacher du jeune homme. Si Fujuki les surprenait alors qu'ils n'avaient pas eu le temps de discuter... Il passa une main nerveuse dans ses mèches sombres.
Avant de pouvoir profiter pleinement de Masao, il voulait que les choses soient claires avec sa fille. Ce qui s'était produit ce soir... c'était pas ce qu'il avait planifié avec le jeune homme. Il voulait... il voulait...
Nanashi soupira. Que voulait-il vraiment ? Il devait trouver une solution rapidement. Quitte à discuter tous les trois s'il le fallait. Il ne voulait pas gâcher ses chances. Mais vaguement, il se rendit compte qu'il avait blessé son amant. En fait... ce n'était pas vaguement, c'était certain ! Il n'était pas doué pour les relations humaines.
Le mannequin finit sa bière rapidement et quitta la cuisine d'un pas lourd. Que pouvait-il dire à Masao le lendemain matin pour se faire pardonner ? Il ne savait plus très bien... mais, il ferait tout pour gagner sa confiance.
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POV Masao
Je m'activais en cuisine pour ne pas penser. Fujuki s'est levée toute seule et me tenait une conversation pour lequel, j'étais incapable de me concentrer. Lorsque la porte s'ouvrit pour laisser passer Nanashi, je me raidit inconsciemment. Je tentais tant bien que mal de rester neutre et de continuer mes activités matinales.
- Ça ne va pas bien Masao ? Demanda Fujuki.
Je me crispais et soufflait intérieurement pour ne pas laisser voir mon trouble mais, Fujuki m'avait déjà percé à jour. Nanashi m'observait lui aussi. Mais je détournais le visage pour ne pas rencontrer son expression. Je n'en étais pas capable pour le moment. Son départ précipité de la veille m'avait laissé un goût amer dans la bouche.
- J'ai mal dormi... mais ça ira mieux tout à l'heure Fujuki...
- Et pourquoi tu as mal dormi ?
- J'ai bu trop de café et trop tard... Soufflais-je d'une voix éteinte.
- Ben, t'en boira pas ce soir... Comme ça tu dormiras mieux cette nuit !
- Je tâcherai de m'en souvenir....
J'entendis le bol de la cafetière se poser un peu brutalement à côté de moi. Je tournais mon visage et je rencontrais l'argent de ses yeux. Le haussement de son sourcil fit monter ma propre colère. De quel droit se permettait-il de me lancer ce regard ? Je regrettais amèrement de ne pas avoir réfléchit plus longuement à cette situation qui deviendrait impossible pour moi d'ici quelques temps.
Je me traitais de tous les noms. Si seulement... Je me détournais pour débarrasser la table.
- Va te préparer Fujiki, nous allons bientôt partir...
- Haï !
Dans un froissement de tissus, Fujuki quitta la pièce inconsciente de la tension qui existait entre son père et moi. A peine seuls, une main se posa sur mon épaule. Je me tournais avec mon plateau mettant une séparation entre Nanashi et moi. Je me retenais à grand peine d'exploser. Nanashi semblait réellement contrarié.
- Il faut que je te parle Masao...
- Pour me dire quoi exactement ?
Mon ton était plus sec que je ne l'aurais souhaité, et le sursaut qu'il provoqua chez Nanashi me troubla.
- Pour parler de nous...
- Il y en a un ? Ironisais-je
- Laisse-moi au moins t...
La porte de la cuisine s'ouvrit et instantanément la main de Nanashi retomba le long de son corps.
- J'ch'suis prête Masao...
- En route alors !
Je posais le plateau sur l'égouttoir de l'évier et je m'essuyais rapidement les mains. Je passais devant Nanashi sans le regarder, mais sa main me frôla. Pourquoi avait-il une telle emprise sur moi... sur mon cœur ? Nos yeux se rencontrèrent brièvement et une boule se forma dans ma gorge. Je le voulais si fort que cela en devenait douloureux. Je quittais les lieux ébranlé. Je savais que je ferai tout ce qu'il me demanderait, et c'est ça que je méprise chez moi. D'être faible, toujours face à l'homme que j'aime. Et Nanashi... était plus que spécial dans mon cœur.
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Après avoir accompagné Fujuki à l'école, Masao fit quelques courses et prolongea sa visite au combini en prenant un malin plaisir à discuter avec chacun. Mais lorsqu'il franchit le seuil de l'appartement, son cœur s'emballa. Que lui dirait Nanashi ?
Contre toute attente, il ne vit pas apparaître le mannequin autour de lui. Quelque part, il éprouva de la frustration. Il chassa ses pensées contradictoires. Masao rangea la chambre de Fujuki et fit le ménage dans l'appartement. Il avait besoin de passer ses nerfs. Le jeune homme frappa à la porte du bureau ou Nanashi devait se trouver.
- Entre Masao..
Masao entrouvrit la porte et demanda
- Comptez-vous manger ici ou partez-vous...
- Tu me vouvoies à présent ?
- J'avoue ne plus trop savoir comment je dois vous parler...
Nanashi soupira et se leva lentement. Masao demanda doucement
- Tu as mal ?
A sa surprise le mannequin rougit et marmonna
- Un peu...
- Je suis désolé...
- Je ne le suis pas... Je mange avec toi ce midi. Je voulais te dire que j'irai chercher Fujuki à l'école... nous rentrerons tard. Mes parents souhaitent voir la petite.
- très bien...
Masao voulu quitter les lieux mais Nanashi l'arrêta.
- Je vais parler à Fujuki laisse-moi le temps...
Le jeune homme se tourna vers le mannequin
- Combien de temps Nanashi ?
L'expression de Masao se modifia quelque peu en rencontrant le regard argenté.
- Je ne veux pas te brusquer... ou te mettre une épée de Damocles... Mais mentir trop longtemps ne pourrait que la blesser d'avantage.
- Je le sais... souffla Nanashi.
Masao eut un petit soupir et après une hésitation traversa la pièce et enlaça le mannequin contre lui.
- Nanashi...
Le couple resta enlacé quelques secondes avant que Masao quitte la pièce sans un regard en arrière. Nanashi resta hébété au milieu de la pièce pour se diriger lentement vers son bureau et se replonger dans le scénario qu'il devrait bientôt jouer devant les caméras. Sujet d'actualité au combien brûlant pour lui d'ailleurs ; il enfonça ses doigts dans son cuir chevelu et ferma les yeux. Mais la seule image qui lui restait en tête s'était les beaux yeux verts troublés de son amant.
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Il avait beau se cacher derrière des lunettes de soleil, et paraître négligé les fans le reconnaissaient toujours. Bon gré malgré, Nanashi signa des autographes et souriait alors qu'il n'avait qu'une envie, c'était celle de hurler. De loin, il vit Fujuki. Il faut dire que sa crinière blonde dénotait dans la cours de récréation.
La petite était en pleure et Nanashi se pencha pour serrer sa fille dans les bras.
- Que t'arrive t-il ?
- On... on... me dit que je suis une étrangère et que j'ai rien à faire au J... Japon !
- Vraiment ?
- Je su... suis une étrangère ?
- Tu es née à Tokyo Fujuki...
- Alors pourquoi ?
- Il est difficile parfois de faire évoluer les mentalités. Généralement, les hommes ont peur de ce qui est différent...
- Je ne suis pas différente !
Fujiki tapa du pied...
- Viens... on va manger ensemble en ville...
- Et Masao ? Il est tout seul ?
- J'ai besoin de te parler Fujuki.
Nanashi sentait le nombre de ses pulsations cardiaques augmenter. Il n'avait jamais eu aussi peur de sa vie. Si Fujuki n'acceptait pas sa relation avec Masao... Il n'osait envisager la suite.
- C'est pour Masao ?
Le mannequin remonta ses lunettes et prit la main de sa fille qui le suivit docilement. Ils firent quelques pas ensemble. Nanashi jeta un coup d'œil négligeant autour de lui et répondit franchement
- Oui... c'est pour Masao !
- Tu vas me l'enlever ?
Fujuki s'arrêta et observa son père intensément. Ce dernier observa sa fille aux travers de ses lunettes pour finalement se mettre à genoux devant elle. Il fit glisser ses lunettes et déclara honnêtement
- Je ne sais pas si c'est le terme exact, Fujuki... et j'aimerai en discuter sérieusement avec toi. Mais pas ici... il y a beaucoup de monde qui nous regarde !
La petite fille se tourna et vit qu'ils étaient en ligne de mire. Troublée malgré elle, Fujuki hocha la tête et consentit à suivre son père qui s'était relevé.
- D'accord... on en parlera quand on sera seuls.
Quelques minutes plus tard dans la voiture, Fujuki interrogea son père pressée d'avoir une réponse à ses interrogations.
- Pourquoi tu veux Masao ? C'est un homme...
- Oui, c'est un homme.
- Alors pourquoi ? Il serait mieux avec moi. Moi, je pourrai être sa femme !
- Malheureusement, Masao... aime les hommes.
- Et toi aussi ?
- ... Que Masao.
- Tu l'aimes ?
- Hai !
Fujuki fixa intensément Nanashi pour voir s'il lui mentait. Elle réfléchissait à la situation.
- Il t'aime aussi ?
- Il semble bien que Masao m'aime aussi.
- Alors... vous allez vous marier ?
Nanashi rit doucement et déclara sérieusement
- Nous ne le pouvons pas... enfin, au Japon. D'autres pays acceptent ce genre d'union.
- Mais si on s'aime... on peut se marier !
- C'est pas aussi simple !
- Mais, si vous ne voulez plus l'un de l'autre...
- On se séparera. Le mariage ne protège pas d'une séparation Fujuki.
- Mais, tu vas faire comme avec les autres nounous. Quand tu en auras assez tu vas le quitter ! S'écria Fujuki et moi, moi je serai à nouveau toute seule. Je l'aime Masao ! Moi, je voulais me marier avec lui pour que nous ne soyons plus séparer et qu'on forme une famille ! Je ne suis pas d'accord...
- On formera une famille Fujuki. Mais donne-moi la permission, donne-nous la permission de vivre ensemble. Je ne le ferai pas si tu ne veux pas !
- Oui... mais Masao, il t'aime !
- Oui
- Et toi aussi...
- Oui, moi aussi.
Un silence s'installa dans la voiture qui décèlerait pour se garer le long du trottoir. Fujuki sortit de la voiture et ne desserra pas les dents. Son froncement de sourcil n'annonçait rien de bon pour la suite des événements et le cœur de Nanashi se serrait de plus en plus. Ce midi déjà, le repas avait été tendu entre eux. Et Masao avait refusé la moindre câlinerie tant que cette histoire ne serait pas régler. Il comprenait, le jeune homme qui refusait de souffrir et de s'engager plus qu'il ne l'était déjà. Lui-même aurait réagit de la même manière.
Le mannequin refusait d'être privé de l'attention de son employé. Il refusait de ne pas pouvoir le toucher, le voir et lui exprimer tous les sentiments qu'il soulevait en lui. Déjà plus tôt, il avait eu un mal fou à ne pas se précipiter alors qu'il rentrait de faire les courses... le temps lui avait semblé si long. Et la conversation qui avait suivit plus tard, ne l'avait pas satisfait. Il se sentait incroyablement frustré.
Installé dans confortablement dans un restaurant où il avait ses habitudes, Nanashi tendit la carte à sa fille et déclara
- Je suis honnête avec toi Fujuki. J'aime Masao comme j'aimais ta maman. Je ne veux pas le faire souffrir tout comme toi. Il n'est pas la nounou que j'ai pu recruter comme ses femmes qui sont passées avant lui... Je veux construire quelque chose... Mais, je ne sais pas ce que l'avenir nous réserve. Je ne peux pas te promettre que c'est pour la vie, même s'il se serait agit d'une femme. Masao peut aussi se lasser de moi, tomber amoureux de quelqu'un d'autre...
- Alors, tu dois faire en sorte qu'il n'aime que toi ! Je veux bien te le laisser, si tu fais tout pour qu'il reste ma «maman ».
- Ne l'appelle pas comme cela. Masao est un homme...
- Un papa alors ?
- Comme l'homme que j'aime et qui va devenir mon compagnon et quelque part oui, un deuxième papa.
Nanashi réfléchissait en même temps à ses paroles. S'il s'était agit d'une femme, il aurait dit à sa fille de la considérer comme une seconde mère... mais, il ne pouvait dire à Fujuki que Masao était une maman.
- Donc, je te le prête ! Mais si tu le fais pleurer, s'il part de la maison, je ne te le pardonnerai pas !
- Merci...
Fujuki sourit à son père et commanda des sushi. Nanashi reprit toutefois, après que le serveur soit partit.
- Je te demanderai juste une chose Fujuki...
- Quoi ?
- Je voudrai que tu le gardes pour toi.
- Tu veux que je ne le dise à personne ?
- Non à personne...
- Même pas à mes grands-parents ?
- Non... à personne...
- C'est notre secret ?
- Oui... à tous les trois...
Un magnifique sourire orna les lèvres de la petite qui en voyant son assiette arrivée déclara la main sur le cœur, et l'autre ayant déjà saisit ses baguettes
- Je ne dirai jamais rien à personne !
- Bien...
- On va chez papy et mamy après ?
- Hai !
- Dommage... j'aurai bien voulu parler avec Masao...
- Tu le feras demain.
- Oui...
Et sans attendre, elle attaqua sa première bouchée avec gourmandise. Nanashi attendit quelques secondes, le temps de se reprendre. Fujuki avait finalement accepté. Il était fou de joie et aurait sauté sur son téléphone mais, il préférait attendre et lui annoncé la nouvelle de vive voix. Quelque part, Nanashi savait que Masao devait se ronger les sangs mais, d'un autre côté... cela lui permettrait d'avoir un moment d'intimité avec lui... ou plutôt un genre de réconciliation... Enfin le principal étant qu'il puisse se rapprocher à nouveau de son employé récalcitrant !
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Masao avait profité de son après-midi pour sortir se changer les idées. Toute cette situation l'agaçait. Est-ce que Masao parlerait vraiment à Fujuki ? Et s'il le faisait est-ce que Fujuki l'accepterait ? Que ferait-il s'il ne pouvait pas être auprès du mannequin ? Toutes ces questions le taraudaient et après avoir marché un long moment, il s'installa à une table dans un café. Il resta un long moment à siroter sa bière.
Il était évident soudain pour Masao que si la situation ne se débloquait pas, il ne pourrait pas tenir nerveusement. Il voulait Nanashi bien plus que lorsqu'il était un simple rêve inaccessible. Mais les raisons n'étaient plus les mêmes. Il l'aimait en tant qu'homme, plus en tant que poster de papier glacé. C'était un homme fait de chair et de sang... qui le rendait fou. C'est dans un moment comme celui-ci qu'il regrettait d'avoir rendu les clefs de son ancien appartement. Mais, il n'avait pas les moyens de payer un loyer.
Certes, il avait un peu d'économies mais pas suffisamment pour pouvoir s'installer une nouvelle fois. Ce n'était plus une chambre d'étudiant qu'il chercherait. Peut-être devrait-il chercher un nouveau travail ? Mais quand pouvait-il se libérer, ce travail le prenait à plein temps... Inconsciemment Masao se frappa le front. Une situation inextricable auquel maintenant, il cherchait à s'extraire sans trouver de solution.
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Fatigué d'avoir marché toute l'après-midi et s'être torturé les méninges pour retrouver une indépendance ou même une solution au cas où il devrait quitter l'appartement, Masao s'endormit comme une masse sur son canapé dans son appartement. Il n'entendit pas frapper discrètement à la porte, plus qu'il ne vit cette dernière s'ouvrir.
Nanashi s'arrêta à la porte et se figea. Masao était à moitié allongé sur le canapé. Ses jambes trainaient sur le sol. Le pyjama qui le couvrait laissait entrevoir les muscles puissants du à une pratique sportive qui avait du être assidu. Les mèches brunes couvraient en partit le visage de son amant et cette vue troubla Nanashi qui ne s'attendait pas à trouver un air si jeune à son employé. Il ne savait plus quoi faire sur l'instant et puis, il se traita de crétin et traversa la pièce. Il ferma la télévision qui fonctionnait en sourdine.
Il souleva avec précaution le jeune homme qui ne broncha même pas. Qu'avait-il fait pour être aussi épuisé ? Nanashi réussit à poser plus ou moins délicatement Masao qui s'enroula sur le couvre-lit.
- C'est malin... Comment je vais pouvoir te mettre sous la couverture ?
Nanashi regardait Masao dormir et le trouva tout à fait à son goût, pire que cela les battements de son cœur lui prouvait combien il était ému par la présence de son amant même endormis. Nanashi abandonna ses réticences et s'allongea près de Masao. Sa main frôla les mèches indisciplinées. Son souffle inconsciemment se ralentis et son regard se fit plus soutenu, profond. Il aurait aimé pouvoir enlacé Masao... sentir son odeur... Pourquoi ne le ferait-il pas d'ailleurs ?
N'écoutant que son instinct, le mannequin se glissa contre le corps de son employé qui remua lui permettant de se caler contre lui. Nanashi rencontra un œil vert interrogateur.
- Je ne pouvais pas attendre... chuchota le mannequin.
- Pourquoi ? Fit de sa voix ensommeillée Masao.
- J'ai parlé à Fujuki et... elle accepte notre relation ! Elle voulait te le dire elle-même demain matin, mais je voulais te voir... je ne pouvais pas attendre.
Un simple sourire éclaira le visage de Masao.
- Tu n'es pas heureux ? Demanda Nanashi qui s'attendait à quelque chose de plus expressif.
- Très...
Nanashi allait protester du manque de réaction de Masao mais, il se sentit soudain attiré contre le corps de son amant qui enfouie sa tête dans sa nuque. Il sentit alors les tremblements du corps de Masao comprenant combien le trouble du jeune homme était grand.
Fermant les yeux, Nanashi entoura de ses bras les épaules larges et enfouie ses doigts dans la chevelure soyeuse. Masao sentait terriblement bon... une odeur fraiche et végétale.
- J'ai pensé à tout quitté cet après-midi...
- Que dis-tu ?
Se redressant Masao fixa intensément Nanashi
- Vivre près de toi sans pouvoir te toucher, te dire combien je suis amoureux, vivre avec toi comme avec un étranger... c'est au dessus de mes forces. Je t'aime Nanashi... Je ne vois plus en toi le mannequin, l'homme que j'avais idéalisé. Je vois en toi, un homme dont je suis éperdument amoureux, avec qui je veux entretenir une relation durable. Je t'aime, j'aime Fujuki... Et je suis heureux qu'elle accepte notre relation. Mais, si elle n'avait pas accepté, je n'aurai pas pu rester...
La voix de Masao s'enroua. Il se pencha au-dessus de Nanashi et frôla ses lèvres avec les siennes, puis les embrassa tendrement tout en continuant, alors qu'il continuait entre deux souffles
- Aussi longtemps... que tu me le permettras... laisse-moi t'aimer...
Nanashi caressa du bout des doigts le visage sérieux du jeune homme et attrapa sa nuque de la main et l'attira plus près. La gorge du mannequin se noua, tout comme les battements de son cœur s'affolèrent. Il ne pouvait pas répondre par des mots. Son corps parlerait pour lui, il verrait plus tard de quoi le lendemain était fait. Pour l'instant, seul les mains de Masao étaient importantes pour lui, tout comme son regard chaleureux, intense... celui qui le faisait se sentir vivant et aimer.