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Masao eut peut l'occasion de voir Nanashi les journées qui suivirent. Enfermé soit dans son bureau pour apprendre son texte, ou partit pour faire des photos, l'emploi du temps du mannequin était surchargé. Mais, toutes les nuits, il rejoignait Masao dans sa chambre et se blottissait contre lui. Masao aurait aimé avoir quelques instants d'intimité entre eux mais, quand il voyait arrivé Nanashi les pieds trainant sur le carrelage et se prenant la tête durant dix bonnes minutes avant de pouvoir boire son café... il comprenait qu'il ne soit pas d'humeur câline.


Pourtant, un matin alors qu'il rentrait du marché, Nanashi vint le retrouver dans la cuisine. Masao était trop occupé à ranger ses courses pour se rendre compte que le mannequin l'avait rejoint. Quand deux bras encerclèrent sa taille et qu'une tête se posa au creux de sa nuque. Un frisson involontaire le parcouru.


« Je t'ai négligé... et tu ne me dis rien...

- Tu es fatigué...

- Tu peux me faire des reproches Masao. »


Le souffle chaud qui soulevait les mèches proches de sa bouche, le parfum de Nanashi qui l'entourait, ses bras qui l'avaient capturé. Masao se tourna lentement et le regard des deux hommes se rencontra intensément.


« As-tu l'impression que je ne m'intéresse pas à toi ?

- Je suis égoïste... et j'aime qu'on s'inquiète pour moi... »


La bouche du mannequin était à quelques millimètres de celle de Masao. Du bout de la langue Masao, caressa l'ourlet des lèvres de Nanashi, son regard se fit plus lourd et ses bras s'enroulèrent autour de ses épaules. La langue de Masao descendit inexorablement le long du menton pour descendre vers la gorge qui s'offrait à lui.


Nanashi rejeta la tête en arrière et haleta lorsque Masao caressa une zone érogène de sa nuque. Une des mains de Masao glissa sous la ceinture de Nanashi. Il lui pétrit quelques secondes ses fesses et lentement, il fit pivoter le mannequin jusqu'à ce qu'il trouve l'obstacle du plan de travail.


« En fait, tu as besoin de détende...

- Hum... tu le fais très bien... »


Le regard de Masao s'adoucit l'espace d'un bref instant. Le jeune homme souleva le T-shirt de Nanashi et il joua avec la pointe des tétons qui étaient déjà excités.


« Masao ?

- Hum...

- Je... je vais devoir aller à... Nagoya... pour le tournage. »

Masao qui descendait sans précipitation en laissant des baisers sur la peau opaline de Nanashi suspendit ses gestes et leva les yeux.

« Quand ?

- Quoi ?

- Tu pars ?

- Dans... moins d'une semaine... Le tournage a été avancé

- Fuyuki est au courant ?

- Je lui en ai parlé... il y a quelques temps et... hier.

- Et moi, c'est maintenant ? »


Masao se redressa et fixa intensément son amant.

 

« Je ne savais pas comment te le dire...

- Parfois, tu es un crétin finit ! »


Et sans un mot, Masao quitta la pièce en prenant soin de claquer la porte. Mais bon sang pour qui le prenait-il ? Il ne jouait pas franc jeu et... Masao se sentait perdu entre sa fonction d'employé et d'amant... Que pouvait-il se permettre ? Pour l'instant, il avait besoin de se calmer. Mais, deux mains le saisirent et sans qu'il ne sache vraiment ce qu'il faisait, Masao se défendit pour plaquer Nanashi au sol violemment, il s'assit sur lui et déclara entre ses dents.


« Je déteste cette situation... Tu crois pouvoir tout me faire subir ? Je ne sais jamais sur quel pied danser entre celui d'être ton employé ou le rôle de ton amant. Tu préviens Fuyuki et moi, tu me mets presque devant le fait accomplit. Je comprends que tu sois épuisé, je comprends qu'il te faille du temps... mais moi... qu'est-ce-que je suis pour toi ? Ton employé avec lequel tu t'amuses et que tu mets systématiquement au courant à la dernière minute ou presque ou bien... celui que tu prétends aimer ? Merde ! »


Masao se redressa et voulu quitter les lieux mais, une main s'était accroché à son pull.


« Masao... je suis désolé. Je ne sais pas comment te parler...

- Alors tu préfères ne rien me dire ?

- ...

- Tu es plus âgé que moi Nanashi... tu as été marié... et tu te conduis avec moi comme avec un gamin ! »


Masao soupira et s'agenouilla devant le mannequin qui était devenu sombre.


« Nous ne discutons pratiquement pas... je ne sais rien de ton passé, de ce qui te pousse dans la vie. J'ai l'impression d'être simplement ton employé à qui tu as donné la fonction d'amant. Quelqu'un que tu utilises quand bon te semble. Mais, moi je te désire... je veux t'éteindre tout comme j'ai envie d'en connaître davantage sur toi. Je veux... je veux compter dans ta vie. Avoir l'impression d'avoir ma place. Je pense que tu en sais plus sur moi, que moi j'en sais sur toi. Je ne veux pas être un poids pour toi... mais, ne m'ignore pas, ne m'utilise pas comme objet ! »

Nanashi scruta les traits assombris du jeune homme.


« Je fais n'importe quoi, comme d'habitude... Je suis désolé Masao. Je voulais... »


Se redressant sur ses genoux, Nanashi enveloppa de ses mains le visage du jeune homme.


« Je ne sais pas toujours exprimer ce que je ressens où je le fais parfois de travers. En blessant les gens et... ma femme me le reprochait souvent. « Tu es gentil Nanashi mais, tu donnes parfois l'impression de te servir des gens autour de toi... ». Je ne veux pas de ça avec toi... je...

- Et si on commençait tout simplement par discuter, comme un couple normal ?

- Maintenant ? »


Un sourire éclairait maintenant les traits du jeune homme


« Pas vraiment... mais, si tu as un peu de temps aujourd'hui ou demain, nous pourrions sortir de l'appartement... oublié que je suis l'employé et toi le patron... vivre une relation ordinaire. Et parlez de nous ? »

Nanashi se détendit et hocha la tête.


« Laisse-moi regarder mon emploi du temps et on sort tous les deux ! On pourrait même récupérer Fuyuki ensemble !

- Hai... ça lui ferait plaisir, certainement. »


Masao tendit une main à Nanashi et l'aida à se redresser. La bouche de Masao captura celle de son amant. L'échange fut bref à la grande déception du mannequin qui se rembrunissait devant le manque de coopération affective de Masao. Ce dernier laissa échapper un rire bref en voyant la mine contrarié de Nanashi et il déclara moqueur.


« Nanashi... on n'est pas prêt de sortir si on commençait à s'embrasser...

- Mais, j'aime qu...

- Va bosser, de toute façon... j'ai aussi du travail !

- Mais...

- Fuyuki m'a commandé des beignets pour ce soir...

- Mais...

- Si on sort tous les deux, je n'aurai pas la possibilité de tenir ma promesse. »


Masao secoua la tête et attrapa de ses deux mains les revers de la chemise de Nanashi. Leurs fronts se touchaient et c'est très lentement que Masao dégusta à nouveau la bouche du mannequin. Une minute plus tard, il avait quitté le couloir. Nanashi pesta contre son employé récalcitrant... Il aurait voulu plus... mais, il devait aussi tenir sa propre promesse.


°°0°0°°


C'est vers le début d'après-midi que les deux hommes quittèrent l'appartement. Masao se tenait du côté passager et Nanashi demanda abruptement comme si l'idée était venue abruptement dans ses pensées.


« Tu sais conduire ?

- Non...

- Tu veux apprendre ?

- J'économise pour me payer mon permis !

- Je peux te le payer, tu sais...

- Tu peux faire beaucoup de choses... je n'en doute pas un seul instant. Mais, laisse-moi me débrouiller tout seul pour ça.

- Tu pourrais avoir besoin de la voiture quand je ne serai pas là. Je pense à Fuyuki pour ça... enfin, je trouve que ça devrait faire partit d'une formation indispensable à...

- T'essaye pas de me faire avaler une pilule ?

- Non... même pas ! »


Nanashi était plutôt sombre en répondant. Inconsciemment, le mannequin effleura la main de Masao. L'inquiétude se lisait sur son visage.


« Qu'essayes-tu de me faire comprendre ?

- Imagine que je sois en voyage... qu'il arrive quelque chose et que tu aies besoin d'une voiture... je sais, il y a les taxis... mais, je serai plus rassuré, si tu avais ton permis et que tu puisses être indépendant... Hum... si on faisait un marché ? »


Masao observa Nanashi avec attention. Ce denier était concentré sur sa conduite mais, il était évident qu'il réfléchissait. Il demanda


« De quels genres ? »


La voix de Masao était soupçonneuse et son froncement de sourcils soulignait sa brusque méfiance.


« Je te fais une avance et je te retiens une partit sur ton salaire... Plus vite, tu le passeras, mieux se sera. »


Le jeune homme détacha son regard de son amant et fixa la route. Il pesa le pour et le contre. La voix de Nanashi lui parvint


« Je ne te force pas... enfin... si, un peu. » Avoua Nanashi.


Un nouveau silence s'éleva. Finalement, ne voyant pas où était le mal d'accepter cette proposition et Masao répondit


« J'accepte ! Après tout, je meurs d'envie de l'obtenir. On réglera cela en rentrant... Puis, se tournant vers Nanashi ajouta. « Au fait, tu ne m'as toujours pas dit où tu m'emmenais ?

- Surprise... »


Le bitume défilait. Contre toute attente, ils sortaient de Tokyo et la vue de la campagne ravie Masao. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'était pas sortit de la ville qu'il en avait oublié la campagne.


« Ça te fait plaisir ?

- J'aime la campagne... Mes grands-parents avaient une maison du côté de Shizuoka. C'était plutôt sympa pour les vacances. On n'était pas loin de la mer aussi.

- Tu as de bons souvenirs...

- Jusqu'à l'adolescence en fait... mes parents, n'ont pas apprécié mon coming-out.

- Oui... Tu me l'avais dit...

- Et toi ?

- Moi ?

- Oui... ta vie, je veux dire petit....

- Y'a rien d'intéressant...

- C'est comme pour moi, mais, moi je te réponds ! »


L'agacement de Masao n'échappa pas à Nanashi qui respira avant de se lancer


« Bon, je ne sais pas par quoi commencer. Hum... En fait, j'ai toujours vécu à Tokyo. Je suis fils unique. Mes parents sont métis... tous les deux. Je m'entends plus ou moins bien avec eux. Ils vivent séparés mais, quand ils voient Fuyuki, ils essayent d'être ensemble. En fait, je fais surtout des efforts pour Fuyuki...

- Quelque chose c'est produit ?

- En fait, mes parents n'aimaient pas ma femme. Son métier n'était pas sérieux et... ce n'était pas la fille de leur choix. De plus, notre liaison a débuté alors que je n'avais que 17 ans. Elle était plus âgée que moi et majeur. Ils ont voulu porter plainte pour détournement de mineur alors, nous nous sommes mariés. Enfin, ça tu dois le savoir....

- Non, pas vraiment... je veux dire, je me suis intéressé à toi après que... enfin, tu vois... »


Masao était gêné et ne savait pas comment abordé le sujet de la mort d'Anku Rei.


« Oui... je vois... J'étais à l'aube de ma carrière mais, Anku était une styliste qui commençait à se faire un nom, malgré son jeune âge. J'ai... »


Nanashi se tue, sa voix s'était légèrement voilée. Masao jeta un coup d'oeil à Nanashi mais, ne chercha pas à faire un geste vers lui. Il savait que son amant ne le prendrait pas forcément bien. Quand il reprit, la voix de Nanashi avait retrouvé sa neutralité.


« J'ai eu beaucoup de mal à me remettre de sa mort. J'avais tout juste vingt ans et Fuyuki en avait seulement deux. J'ai eu du mal à faire comprendre à Fuyuki qu'Anku n'était plus avec nous. Ma carrière décollait véritablement... et je devais faire face à mes responsabilités. J'ai commencé à avoir des nounous mais, cela ne s'est pas bien passé la plupart du temps... »


Nanashi glissa un regard vers Masao moqueur


« Et... c'est moi qui t'aies détourné finalement. »


Masao brûlait de lui poser un tas de questions mais, préféra s'en abstenir. Il ne s'était absolument pas attendu qu'il lui parle de son ex-femme. La voiture décèlera et Masao observa le paysage. Ils étaient à Takao-san. Le jeune homme fut surpris et jeta un coup d'œil à son compagnon.


« Je voulais sortir de Tokyo et faire un peu de tourismes... il y a des temples, des musées et de quoi faire des promenades. Généralement, je suis assez tranquille lorsque je viens me dégourdir les jambes. La plupart du temps, il n'y a que des touristes.

- N'oublie pas que nous devons aller chercher Fuyuki, Nanashi... »


Ce dernier adressa lui adressa un sourire moqueur et répondit


« Tu es pire qu'une mère poule avec elle...

- Je ne suis pas une femme... » Répliqua sèchement Masao.


Le jeune homme se détourna et emprunta un chemin verdoyant loin du parking. Délaissant, le temple devant lequel, ils s'étaient garés. Une voix narquoise répondit contre son oreille, surprenant Masao par la proximité du mannequin.


« Qui mieux que moi peut mieux le savoir ? »


Masao rougit et tourna la tête vers Nanashi mais, l'homme s'était reculé aussi abruptement qu'il s'était approché. Le mannequin sortit une paire de lunette et les posa sur son nez. Il jeta un coup d'œil autour de lui


« Si on part par là, nous allons tomber sur le zoo...

- Tu viens ici avec Fuyuki ?

- Oui... Quand se sont les vacances et que je ne suis pas pris par mon travail. Je viens ici, ou bien, je vais à Kobe, Okinawa... j'aime visiter le Japon et de décors. Ça dépend souvent du temps que j'ai devant moi. Là... »

Nanashi fit glisser ses lunettes pour plonger son regard mercure dans celui émeraude de Masao.


« Je voulais être dans un lieu très différent d'où nous nous voyons habituellement. Viens... »


Le mannequin se dirigea vers le centre du parc. Masao le suivit et monta à sa hauteur pour prendre ensuite une démarche nonchalante, calquée sur celle de Nanashi.


« Tu sais Masao... à part, Anku, je n'ai eu personne d'autres dans ma vie. Enfin, je veux dire sérieusement... »


Masao leva les yeux vers le visage en partit caché par des verres fumés. Le visage de Nanashi était sérieux et son froncement de sourcil indiquait une intense réflexion.


« Je ne sais pas comment te faire comprendre que tu as une place vraiment spéciale pour moi. Je ne sais pas pourquoi mais, je suis attiré par toi. Tu es le seul homme qui me fasse l'effet que tu me fais.... »


Nanashi continua hésitant.


« Alors, ne dit pas que tu es simplement mon employé... que je ne te considère pas plus que cela. »


Le mannequin était très troublé et se sang qui battait si lourdement à ses oreilles ne l'aidait pas à rester calme. Il n'aimait pas se confier pourtant, il ne voulait pas d'un malentendu entre eux. Nanashi s'arrêta au milieu du chemin, forçant Masao à lui faire face. Il quitta ses lunettes pour affronter le regard intense de son amant.


« Rien entre toi et moi ne se passe comme je le voudrais. Mais, croit en mes sentiments pour toi. Je peux paraître futile mais, je ne joue pas avec tes sentiments... Tu n'es pas un palliatif d'Anku, je m'en serais trouvé un depuis longtemps... Je t'aime Masao... »


Le jeune homme ouvrit la bouche de surprise. Son cœur battait la chamade et il avait l'impression que son souffle se coupait. La peur que lui ressentait de perdre Nanashi, car il n'était pas gay au départ, la peur d'être comparé à sa femme... de... Son cerveau s'arrêta de fonctionner. Nanashi l'étreignait dans ses bras et l'embrassait avec force. Comme s'il essayait de faire passer ses sentiments dans ce geste.

Masao repoussa Nanashi et chuchota le souffle court


« J'ai simplement peur de te perdre... de perdre Fuyuki... Vous êtes rentré si brutalement dans ma vie... que j'angoisse à l'idée qu'un jour tu me dises que tout est terminé.


- J'éprouve la même peur Masao... Si tu partais, se serait pour moi comme si je perdais un être très cher une deuxième fois et je ne suis pas bien sûr de m'en sortir aussi bien qu'avec Anku. Et Fuyuki... je n'ose pas l'imaginer. »


Nanashi se recula et glissa une main nerveuse dans ses longs cheveux détachés. Masao retint sa respiration. Il le trouvait encore plus beau que sur les posters qu'il avait longtemps placardés sur les murs. Nanashi était vrai, réel... un mélange de force et de fragilité qu'il n'avait pas soupçonné un seul instant, se fiant uniquement à l'image que projetait le mannequin au travers des images. Masao allait avoir un geste vers son amant mais, le bruit d'une conversation arrêta son mouvement.


Un sourire effleura les lèvres de Nanashi


« Continuons à marcher... ce changement d'air me fait du bien. J'ai l'impression de me sentir moins oppressé. »


Les deux hommes longèrent le bois pour arriver devant une petite étendue d'eau. Nanashi s'installa à même le sol, rejetant la tête en arrière ainsi que ses mèches de jais.


« Je serai curieux de voir la tête de mes parents quand je vais leur annoncer la nouvelle pour toi et moi...

- Tu vas leur en parler ? » S'étonna Masao en s'installant à côté du mannequin.


Nanashi haussa un sourcil et attrapa une branche de lunette du bout des doigts pour replacer les montures sur son nez.


« Tu crois quoi ? Que je vais te cacher à mes proches ? Tu devrais t'estimer un peu plus... Je ne me cache pas de Fuyuki... Je ne cacherai pas notre relation à ma famille, même si j'attends encore un peu pour l'annoncer. Mon agent est au courant et elle m'a déjà menacé des pires sévices, si je n'étais pas capable de me tenir. Il n'y a que les médias et le public que je souhaite tenir éloigné. Je veux protéger ma fille et... toi !

- Moi ?

- Si, cela se savait... tu serais harcelé et je pense que tu n'aimerais pas cela... n'est-ce-pas ? »


Masao réfléchit un bref instant et secoua la tête. Le jeune homme s'allongea sur le sol frais et observa le ciel dégagé et sans nuage.


« Non, je n'aimerai pas cela... je n'aimerai pas que Fuyuki soit exposée. »


Les deux hommes restèrent un long moment sans parler. Ils appréciaient simplement l'instant présent. Apaisé dans leurs angoisses et rassuré quant aux sentiments de l'autre. Masao se gratta la tête et se tourna légèrement vers Nanashi qui fit pivoter sa tête vers lui interrogateur.


« Nanashi... hum... si, tu veux... tu peux me faire l'amour aussi. Je veux dire... je ne suis pas obligé de...

- Je préfère que tu me le fasses... »


Masao observa un long moment Nanashi qui avait été plutôt péremptoire contrairement à son habitude. Détournant le regard et repliant une de ses jambes, Nanashi avoua mal à l'aise.


« Pour l'instant... je voudrais laisser les choses comme elles sont. Je ne me sens pas capable... enfin, tu vois ce que je veux dire ? »


Le jeune homme était plutôt surpris et se redressa pour observer plus intensément son amant et voyant son malaise, abrégea la conversation


« Si tu te sens prêt... j'aimerais que tu me fasses l'amour. »


Nanashi hocha la tête et quelques minutes plus tard quittèrent le parc. La conversation dériva sur plusieurs sujets. Notamment, sur l'enfance de Nanashi qui avait été plus mouvementé que Masao ne le pensait. De quoi, lui donner matière à réflexion sur cet homme différent qu'il entrevoyait et essayait de comprendre un peu plus chaque jour.

Le couple arriva juste à l'heure pour récupérer Fuyuki qui ne cacha pas sa joie. Une fois dans la voiture, Nanashi proposa


« Et si nous sortions au restaurant ce soir...

- Tous les trois ? » Interrogea Fuyuki déjà excitée.


Nanashi haussa un sourcil moqueur.


« Oui... tous les trois !

- Super ! Je peux choisir ?

- Non... nous allons nous retrouver dans une cafétéria ou un fast-food. »


Voyant la mine déçut de sa fille, le mannequin coupa la poire en deux


« Nous irons dans un parc d'attraction la prochaine fois et on mangera des hot-dogs ou des trucs bourrés de matières grasses si tu veux !

- Ouaih ! S'exclama Fuyuki. Se reprenant rapidement, elle demanda : On va où ?

- C'est une surprise...

- Tu aimes faire des surprises se moqua Masao. »


Nanashi eut un petit sourire moqueur et lui fit un clin d'œil. Ce à quoi le cœur de Masao eut un raté.


« Nous avons peu l'occasion de sortir alors laisse-moi organiser ce genre de choses. »


Masao ne répondit rien. Le reste de l'après-midi se passa à manger des beignets à faire les devoirs de la petite et à sortir au restaurant. Les regards se posaient sur le trio lorsqu'ils traversèrent le restaurant. Mais, ils furent vite oubliés alors qu'on leur avait indiqué une table discrète. Masao se sentait à l'aise et eut en cours de soirée l'impression de faire partit de la famille.


Le regard complice père-fille s'adressait aussi à lui. Il n'était plus un observateur mais, également un acteur de leur vie. Devenant tour à tour arbitre, enfant, parent... la soirée défila à une vitesse vertigineuse. Lorsqu'ils marchèrent sur le parking désert plus tard, Masao se permit pour la première fois un geste qu'il n'osait pas jusqu'à présent, surtout en présence de Fuyuki.


Alors que Nanashi marchait deux pas avant lui, il le rattrapa et lui saisit le poignet. Il ressentait un tel déferlement d'amour pour le mannequin, qu'il devait le faire partager. Surpris Nanashi tourna son visage et Masao passa un bras autour de sa nuque et l'embrassa avec douceur et sensualité. Ses lèvres caressant les siennes. Lorsqu'il passa la langue dans sa bouche, Nanashi n'offrit aucune résistance et c'est avec un plaisir accru qu'il prolongea l'échange tendre entre eux. S'écartant de son amant, Masao chuchota


« Je t'aime Rei Nanashi... n'en doute jamais non plus... »


Masao s'éloigna et rejoignit Fuyuki qui lui adressa un grand sourire.


« Il est bien mon papa ! Déclara fièrement la petite fille.

- Très... il est même adorable... »


Fuyuki se tourna vers son père qui restait hébété sur le trottoir


« Oui... Puis s'écria, papa... on va te laisser ici, si tu ne bouges pas !

- J'arrive, j'arrive. De toute façon, c'est moi qui ai les clefs ! »

 

Masao se tourna vers Nanashi qui lui offrit un long regard. Leur nuit ne faisait que commencer.





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